La Grèce fait baisser l'euro en Asie, contagion attendue en Europe

le , mis à jour à 03:23
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(Actualisé avec ouverture des Bourses de Tokyo et de Sydney) par Hideyuki Sano TOKYO, 29 juin (Reuters) - Les contrats à terme américains et l'euro ont perdu près de 2% lundi dans les premiers échanges en Asie tandis que la Bourse de Tokyo ouvrait sur un net recul (2,24%) alors que la perspective d'un défaut de paiement de la Grèce et la mise en oeuvre de mesures de contrôle des capitaux font craindre l'éventualité à terme d'un "Grexit", une sorte de la Grèce de la zone euro. La contagion devrait gagner aussi, et avec plus de force, les marchés financiers européens, qui vont rouvrir après le coup de théâtre du week-end où le Premier ministre grec Alexis Tsipras a annoncé un référendum pour ou contre les propositions des créanciers de la Grèce. Son initiative a précipité la rupture des négociations avec ses partenaires puis la mise en oeuvre, à compter de lundi, d'un contrôle des capitaux avec fermeture temporaire des banques et plafonnement des retraits autorisés aux distributeurs automatiques. "Nous sommes en territoire inconnu et les marchés actions européens, comme tous les marchés, éprouveront des difficultés à absorber tous les nouveaux éléments", a déclaré Nick Lawson, directeur chez Deutsche Bank. "Le marché ne s'était pas préparé à ce que tout ceci se poursuive au cours du week-end et le manque de liquidités qui a affecté aussi bien le marché de la dette souveraine que celui des entreprises, et, plus récemment, le marché actions, va exacerber les choses." Les marchés d'action, en dépit de la nouvelle baisse des taux annoncée samedi par la Banque centrale de Chine (PBOC), ont eux ouvert en net recul. A Tokyo, l'indice Nikkei .N225 a perdu 1,93% et accentué ses pertes en cours de séance. Vers 02h30 (00h30 GMT), l'indice vedette de la place japonaise recule de 2,24% à 20.239,95 points. A Sydney, l'indice S&P/ASX 200 .AXJO a entamé la semaine sur une perte de 1,62%. Après une demi-heure de cotation, le recul s'est accentué à 1,92%. En Asie, l'euro a perdu jusqu'à 1,9% à 1,0955 dollar EUR= , son cours le plus bas en près d'un mois. Face au yen, la monnaie commune européenne cède plus de 3% à 133,80 yens, son niveau le plus bas en cinq semaines. Les contrats à terme américain ont plongé de 1,8% ESc1 . AVERSION AU RISQUE Le scénario d'un défaut grec semble inéluctable, la Grèce, à court de liquidités, devant rembourser 1,6 milliard d'euros mardi au Fonds monétaire international alors que ses caisses sont pratiquement vides et que ses partenaires européens, tirant les conséquences de l'annonce d'un référendum, ont refusé de prolonger le programme d'assistance financière. "Les marchés vont réviser les tendances observées la semaine dernière, et vont ouvrir la semaine avec une aversion au risque", estime Yasunobu Katsuki, analyste chez Mizuho Securities. La semaine dernière s'était traduite par une forte hausse des marchés actions dans l'espoir d'un accord entre la Grèce et ses créanciers. "Si la Grèce doit mettre en place des contrôles de capitaux, cela aura un très gros impact sur les marchés", avançait dimanche Ian Stannard, responsable de la stratégie changes pour l'Europe chez Morgan Stanley, avant que le Premier ministre grec n'annonce une telle mesure. Dans une note diffusée la semaine dernière, Goldman Sachs estime que l'euro pourrait perdre trois cents face au dollar dans la foulée d'un défaut de paiement de la Grèce. Et le mouvement de recul, toujours selon le scénario de la banque américaine, s'accentuerait encore au cours des semaines suivant ce défaut à mesure que la BCE augmentera ses rachats d'actifs pour tenter d'éviter la contagion au reste de la zone euro. LES OBLIGATIONS DES PÉRIPHÉRIQUES RATTRAPÉES PAR LA CRISE Alors que les obligations souveraines des autres pays de la zone euro dits "périphériques" n'ont guère été affectés par la crise grecque depuis le début de l'année, cela pourrait bien changer dès lundi à moins que la BCE ne prenne tout de suit des mesures pour éviter une telle évolution. "Il y a un risque de voir les écarts de rendement des obligations souveraines périphériques atteindre des niveaux critiques", estiment les analystes d'ABN Amro dans une note de recherche. "La BCE doit se tenir prêt à activer son programme OMT (Opérations monétaires sur titre) pour restaurer le calme si nécessaire." Ce programme, jugé conforme au droit européen par la Cour de justice de l'Union européenne, consiste pour la BCE à racheter de la dette souveraine sur le marché secondaire à condition que le pays concerné en fasse la demande et soit lié par un programme d'assistance financière de l'UE. ID:nL5N0Z2277 Plus tôt cette année, Goldman Sachs a déclaré qu'un "Grexit" (une sortie de la Grèce de la zone euro) pourrait se traduire par une multiplication par près de trois de l'écart de rendement, à quelque 400 points de base, entre les obligations souveraines à 10 ans italiennes et espagnoles d'un coté et le papier allemand de même échéance de l'autre. Un tel niveau d'écart resterait cependant inférieur de quelque 200 points de base aux pics atteints au cours de l'hiver 2011-2012. Dans ce contexte, les investisseurs sont susceptibles de se précipiter sur des actifs jugés sûr n'appartenant pas à la zone euro, au premier chef le franc suisse et le dollar américain. Au point de déclencher peut-être une intervention de la Banque nationale suisse (BNS), voire de la Réserve fédérale américaine. "Nous pensons qu'il y a une forte probabilité d'une intervention de la Banque nationale suisse", a déclaré Josh O'Byrne, chargé de la stratégie changes chez Citi. (avec Jemima Kelly à Londres; Benoit Van Overstraeten et Henri-Pierre André pour le service français)


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