La Grèce et ses créanciers gèlent leurs positions

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LA GRÈCE ET SES CRÉANCIERS GÈLENT LEURS POSITIONS
LA GRÈCE ET SES CRÉANCIERS GÈLENT LEURS POSITIONS

par George Georgiopoulos et Angeliki Koutantou

ATHENES (Reuters) - La Grèce a réitéré lundi son refus de céder aux exigences de ses créanciers, notamment en ce qui concerne les retraites, après l'échec de leurs pourparlers ce week-end, qui fait craindre à la Commission européenne un basculement du pays dans un "état d'urgence" en cas de sortie de la zone euro.

L'exécutif européen a annoncé dimanche l'échec de sa "dernière tentative" de discussions avec le gouvernement d'Alexis Tsipras, auquel il reproche de ne pas avancer de propositions convaincantes pour redresser les finances du pays et obtenir ainsi le versement d'une aide.

Bruxelles a renvoyé le dossier aux ministres des Finances de la zone euro qui se réunissent jeudi dans le cadre de l'Eurogroupe.

Sans cette aide, la Grèce risque de ne pas pouvoir rembourser 1,6 milliard d'euros dus au Fonds monétaire international (FMI) le 30 juin et de se retrouver en situation de défaut sur sa dette, avec la perspective d'une sortie de la zone euro.

Face à cette situation de blocage, une exaspération grandissante à l'égard de la Grèce s'exprime à travers l'Union européenne, notamment en Allemagne, dans le camp conservateur de la chancelière Angela Merkel.

Cette impasse inquiète aussi les investisseurs: la Bourse d'Athènes perdait plus de 4% en fin de matinée, après avoir plongé de plus de 7%, tandis qu'augmentaient les rendements des obligations d'Etat des pays de la zone euro aux finances publiques jugées les moins solides, tels l'Italie, l'Espagne et le Portugal. Les titres des banques italiennes, espagnoles et portugaises étaient également pénalisés en bourse.

DESSEIN POLITIQUE

Elu en janvier sur la promesse de mettre fin aux programmes d'austérité appliqués depuis cinq ans en échange d'une assistance financière internationale, le gouvernement grec refuse d'alourdir la fiscalité et de baisser les pensions de retraites comme le réclament ses créanciers (FMI, UE et Banque centrale européenne) pour poursuivre leur aide.

Dans sa première réaction publique à l'échec des dernières négociations, Alexis Tsipras a déclaré que la Grèce allait attendre que ses créanciers se montrent réalistes et renoncent à des demandes jugées excessives.

"On ne peut que voir un dessein politique dans l'insistance des créanciers sur de nouvelles baisses des retraites après cinq années de pillage dans le cadre des plans d'aide", a dit le Premier ministre grec, cité par le journal Ton Syntakton.

"Nous attendrons patiemment que les institutions accèdent au réalisme", a-t-il ajouté. "Nous n'avons pas le droit d'enterrer la démocratie européenne à l'endroit où elle est née."

Le porte-parole du groupe parlementaire de Syriza, le parti au pouvoir, a pour sa part assuré que la Grèce ne reculerait pas dans ses négociations avec les créanciers mais restait disposée à discuter.

"Nous avons dit que l'argent que nous collectons ira en priorité aux salaires et aux retraites", a déclaré Nikos Filis, selon lequel le gouvernement a soumis aux créanciers "une proposition chiffrée que la société grecque peut se permettre".

Du côté des créanciers, on répète au contraire que la balle est dans le camp de la Grèce.

François Hollande a ainsi appelé le gouvernement grec à la "responsabilité".

"Nous avons maintenant des délais extrêmement courts. Je l'ai souvent dit : attention, nous arrivons dans une période qui peut être celle de turbulences s'il n'y a pas un accord qui est trouvé", a dit le président français. "La Grèce ne doit pas attendre, elle doit aller de nouveau vers la discussion."

"LA PATIENCE DES CRÉANCIERS S'ÉPUISE"

La tonalité est la même du côté de la Commission européenne.

"La proposition pour maintenir la Grèce dans la zone euro est toujours valable. Mais pour que cela se produise, la Grèce va devoir modifier sa position sur les retraites et sur sa consolidation budgétaire globale", a déclaré Günther Oettinger, commissaire européen à l'économie et à la société numériques.

S'exprimant devant des journalistes à son arrivée à une réunion de la direction de l'Union chrétienne démocrate (CDU), le parti d'Angela Merkel, à Berlin, Günther Oettinger a jugé que l'exécutif européen devait préparer un "plan d'urgence" pour aider la Grèce en cas de sortie de la zone euro.

"Nous devrions élaborer un plan d'urgence car la Grèce plongerait dans un état d'urgence", a-t-il dit, en évoquant notamment les approvisionnements en énergie et en médicaments ainsi que le paiement des salaires des forces de l'ordre.

Membre de la direction de la CDU, Julia Klöckner a prévenu que "la patience des créanciers s'épuise".

"Nous savons tous ce qui est en jeu. Nul autre en Europe n'en porte la responsabilité sinon la Grèce elle-même", a dit un autre responsable de la CDU, Volker Kauder, en appelant le gouvernement grec à "revenir à la réalité".

Signe que l'impatience gagne du terrain en Allemagne et ailleurs, le vice-chancelier social-démocrate du gouvernement de coalition, Sigmar Gabriel, écrit dans une tribune publiée par Bild que "partout en Europe, le sentiment croissant est que maintenant ça suffit".

"Les tentatives successives de parvenir à un accord commencent à faire apparaître comme ridicule l'ensemble du processus", affirme-t-il. "Il y a de plus en plus de gens qui ont le sentiment que le gouvernement grec les mène en bateau."

(Avec Andreas Rinke à Berlin et Cyril Altmeyer à Paris; Henri-Pierre André, Benoît Van Overstraeten et Bertrand Boucey pour le service français)

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  • M3571925 le lundi 15 juin 2015 à 13:13

    M7093115 un tel post prouve surtout ta totale ignorance des tenants et aboutissants de cette crise !!

  • M7093115 le lundi 15 juin 2015 à 13:08

    SURTOUT e pas céder devant ces es cro cs grecs......

  • M3571925 le lundi 15 juin 2015 à 13:05

    M8637171 Tes affirmations sont tout à fait fausses ! les Grecs ont jusque là toujours honoré rubis sur l'ongle l'ensemble de leurs échéances !

  • M8637171 le lundi 15 juin 2015 à 12:56

    fpicart.. Vaut mieux perdre 350 milliards aujourd'hui que 500 demain. si nos élus avait eu du courage politique, ils les auraient sortis en 2013.

  • M8637171 le lundi 15 juin 2015 à 12:54

    M357... mais à la fin des fins tout est politique.

  • M8637171 le lundi 15 juin 2015 à 12:53

    M357... c'est un choix économique mais qui est devenu aussi politique. c'est très bien ainsi.

  • M8637171 le lundi 15 juin 2015 à 12:52

    M357... La Grèce en 200 ans n'a jamais remboursé quoique ce soit.

  • M8637171 le lundi 15 juin 2015 à 12:52

    M357... La Grèce en 200 n'a jamais remboursé quoique ce soit.

  • M8637171 le lundi 15 juin 2015 à 12:51

    M357... faut en parler aux banques européennes qui ont perdu en 2012 des milliards avec la Grèce après l'abandon d'une partie des dettes !

  • M3571925 le lundi 15 juin 2015 à 12:50

    La suppression brutale par la BCE des facilités accordées aux banques Grecques est également un choix politique !

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