La Grèce et ses créanciers cherchent un délicat compromis

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* L'Eurogroupe se réunit à nouveau lundi * Tsipras se dit "plein de confiance" * Moscovici juge un accord possible (Actualisé avec Tsipras §3) BRUXELLES, 15 février (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro auront lundi la redoutable tâche de chercher un accord acceptable à la fois par la Grèce et ses bailleurs de fonds internationaux, introuvable depuis l'accession au pouvoir du parti anti-austérité Syriza. Le gouvernement grec a promis de faire "tout son possible" pour parvenir dès cette semaine à un tel accord, un engagement qu'ont salué les marchés financiers en fin de semaine dernière alors que s'engageaient des discussions entre experts des deux parties pour tenter d'élaborer un compromis. "Je m'attends à des négociations difficiles mais je n'en suis pas moins plein de confiance", déclare le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, au magazine allemand Stern. L'échec de la précédente réunion de l'Eurogroupe, mercredi dernier à Bruxelles, a cependant montré que le chemin vers un accord était semé d'embûches, même si aucun des deux camps ne veut fermer la porte qui y conduit. Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a dit samedi avoir bon espoir : "Notre position de fermeté, qui s'appuie sur la logique, débouchera sur un accord, même à la dernière minute", a-t-il dit dans une interview au journal grec Kathimerini. La Grèce est prête à des concessions et se déclare notamment favorable à un vaste programme de réformes pour régler certains des problèmes qui pénalisent son économie depuis des décennies, a dit dimanche le porte-parole du gouvernement grec. Athènes refuse toutefois de se plier sans discuter à des ordres venus de l'étranger et n'acceptera pas un plan de sauvetage ayant les caractéristiques des précédents, s'est-il empressé d'ajouter. Pour le porte-parole du gouvernement grec, il n'y aurait rien de catastrophique à ce que l'Eurogroupe fasse lundi soir le constat d'un nouvel échec. Cette opinion n'est pas partagée par certaines capitales européennes, en particulier Berlin et Helsinki, où tout nouvel accord avec la Grèce devrait être soumis au vote du Parlement. SPÉCULER SUR UN "GREXIT" N'A AUCUN SENS, DIT DRAGHI Alexis Tsipras veut un nouveau programme financier pour remplacer celui de trois ans qui expire à la fin du mois et que les Grecs vouent aux gémonies pour leur avoir fait subir une cure d'austérité radicale. Mais l'Allemagne, appuyée pour l'instant par les 17 autres pays de la zone euro, insiste pour que la Grèce respecte les termes du contrat en cours, le temps de proposer autre chose si elle le souhaite. Les discussions préparatoires à la réunion de lundi ont eu pour objet de déterminer quels éléments du plan d'aide actuel étaient compatibles avec le programme du nouveau gouvernement grec. Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne disent que la Grèce est libre de proposer des alternatives dans la gestion de son budget et de sa dette pour autant que ses créanciers, essentiellement les autres pays de l'UE, puissent nourrir l'espoir raisonnable d'être remboursés. Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a jugé possible un accord avec la Grèce dès lundi mais a prévenu que la réunion de l'Eurogroupe serait difficile. En attendant l'issue des débats, le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a qualifié de purement spéculatif le scénario d'un 'Grexit' qui verrait la Grèce quitter la zone euro. "Spéculer sur une sortie potentielle de l'union monétaire n'a aucun sens", a dit le président de la BCE dans une interview à l'hebdomadaire espagnol ABC publiée dimanche. (Patrick Vignal pour le service français)

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  • LeRaleur le dimanche 15 fév 2015 à 16:34

    C'est sûr, vivre gratos sur le dos des autres sans rien payer, ni sa dette, y'a un très gros problème.

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