La Grèce et l'UE disent croire encore à un accord

le , mis à jour à 09:51
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POUR JEAN-CLAUDE JUNCKER, LA BALLE EST DANS LE CAMP D'ATHÈNES
POUR JEAN-CLAUDE JUNCKER, LA BALLE EST DANS LE CAMP D'ATHÈNES

ATHENES (Reuters) - La Grèce espère conclure un accord avec ses créanciers lors de la réunion des ministres des Finances de la zone euro le 18 juin, a déclaré vendredi un ministre grec tandis que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, affirmait que "la balle est dans le camp grec".

Le ton des discussions entre Athènes et ses créanciers s'est de nouveau durci jeudi avec le départ des négociateurs du Fonds monétaire international (FMI) de la table des pourparlers, justifié par des "divergences majeures". Une source grecque a parallèlement déclaré à Reuters que la totalité de la délégation grecque présente à Bruxelles avait regagné Athènes.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a de son côté jugé que les deux parties n'avaient "plus le temps de marchander".

La Grèce doit trouver un terrain d'accord avec ses créanciers avant le 30 juin, date de l'expiration du plan d'aide international en cours et d'une échéance de 1,6 milliard d'euros de dettes au FMI.

"J'espère que (l'accord) interviendra très bientôt, le 18 juin, lors de l'Eurogroupe", a dit Alekos Flabouraris à la chaîne de télévision publique ERT.

Pour Jean-Claude Juncker, la conclusion d'un accord est nécessaire "dans les jours qui viennent".

"Je crois que la balle est dans le camp grec", a-t-il dit sur France Culture, tout en relativisant la signification du départ des représentants du FMI. "Ça arrive souvent", a-t-il dit. "Ceux qui partent doivent toujours revenir."

"J'ai fait le tour de la question hier avec le Premier ministre grec", a-t-il expliqué. "J'ai formulé un certain nombre d'observations et de propositions sur lesquelles le gouvernement grec s'est penché hier soir."

"LES NÉGOCIATIONS VONT REPRENDRE"

"Les négociations vont reprendre sur un plan technique d'abord, politique ensuite", a-t-il dit.

La Grèce risque de se trouver en situation de défaut de paiement dans quelques semaines seulement si aucun accord ne se substitue au plan d'aide qui prend fin le 30 juin.

Un défaut de paiement de la Grèce risquerait de provoquer sa sortie de la zone euro et d'entraîner cette dernière dans des turbulences imprévisibles.

Parmi les points sur lesquels achoppent les pourparlers figurent la baisse de certaines pensions de retraite réclamée par les créanciers, le relèvement de la TVA et l'excédent budgétaire primaire (hors service de la dette).

Le gouvernement d'Alexis Tsipras réclame en outre une nouvelle renégociation du fardeau de la dette publique, une question que les créanciers ne veulent aborder qu'une fois conclu un accord sur l'aide.

"Quoi que nous fassions, quelles que soient les mesures que nous prenions, si nous ne commençons pas par traiter la question de la dette, il n'y a aucune chance que l'économie grecque redémarre", a dit Alekos Flabouraris. "Et si l'économie grecque ne redémarre pas, nous ne pourrons pas répondre au chômage et les magasins fermeront."

Le ministre délégué aux Finances, Dimitris Mardas, interrogé par la radio Skai sur les remboursements dus au FMI à la fin du mois, a répondu : "C'est notre travail de payer ce que nous devons au moment où nous le devons."

(Angeliki Koutantou et George Georgiopoulos, avec Marine Pennetier et Marc Angrand à Paris, édité par Juliette Rouillon)

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  • M1381654 le vendredi 12 juin 2015 à 10:41

    il faut enfin faire une Europe fédérale ; le reste n'est que finasseries ; ou casser la zone euro

  • 445566ZM le vendredi 12 juin 2015 à 10:21

    Ils sont malins les grecs. Pourquoi le gouvernement de gauche ne fait pas payer des impôts aux riches ? Avec cette arrogance méditerranéenne il exige que l'Europe finance la retraite à 55 ans. Pourquoi verser 7 milliards, sachant que bientôt la Grèce demandera un autre "plan d'aide". Ce pays bénéficie le plus des subventions courantes de l'Europe.

  • M802641 le vendredi 12 juin 2015 à 10:02

    Quand on voit tant d’impondérables, il est clair que c'est le souk absolu et, quitte à essuyer des "turbulences", qu'il faut en finir avec un tel pays "puits sans fond" qui n'aurait d'ailleurs jamais dû intégrer l'euro. Un accord éventuel pour la gloire ne sera pas respecté de toute façon - donc à quoi bon persister !

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