La Grèce espère sortir plus tôt du plan d'aide UE/FMI

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(Avec nouvelles citations, commentaires, précisions et contexte) par Stephen Brown et Lefteris Papadimas BERLIN, 23 septembre (Reuters) - La Grèce pourra sortir plus tôt que prévu du plan d'aide international de 240 milliards d'euros dont elle a bénéficié et elle sera en mesure de couvrir ses besoins de financement l'an prochain, a déclaré mardi le Premier ministre, Antonis Samaras, en déplacement à Berlin. "Nous avons besoin de devenir un pays normal, et nous avons prouvé que nous sommes fiables et capables de tenir sur nos deux jambes", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse donnée avec la chancelière Angela Merkel. Cette dernière a salué les "premières pousses" de succès dans les efforts de redressement d'Athènes grâce aux douloureuses réformes économiques entreprises ces dernières années. Antonis Samaras a réfuté les spéculations sur un "divorce" entre son gouvernement et le Front monétaire international (FMI) mais il a reconnu pour la première fois que la Grèce pourrait se passer de certains versements d'aide prévus par le FMI. "Je n'accepte pas le terme de 'divorce', même si c'en est un de velours", a-t-il dit à la presse, ajoutant que les discussions sur de nouvelles tranches d'aide devraient débuter après la prochaine inspection de l'UE et du FMI et après les tests de résistance du secteur bancaire. Athènes doit obtenir ses derniers financements de la zone euro en décembre 2014, alors que le plan d'aide du FMI expire au premier trimestre 2016. "Je pense que cette coopération pourra prendre fin plus tôt que prévu. Si cela arrive, ce sera un succès, non un divorce", a souligné Antonis Samaras. Il a dit penser que son pays serait en mesure de couvrir ses besoins de financement à compter de l'an prochain, ajoutant : "Nous verrons ce qui se passe avec les prochaines tranches d'aide." Pour Kostas Boukas, responsable de la gestion d'actifs chez Beta Securities à Athènes, "il ne fait pas de doute, après les propos de Samaras, que les Européens et le gouvernement grec veulent voir le FMI sortir du programme. Ils ne veulent pas que le FMI continue de superviser le programme de réformes de la Grèce, membre de la zone euro". LA DETTE À 177% DU PIB Angela Merkel a attribué le redressement de la Grèce aux réformes structurelles que le pays a été contraint d'entreprendre en grande partie sous la pression de l'Allemagne et qui ont valu à la chancelière d'être tenue pour responsable de l'austérité par une partie de l'opinion publique grecque. Antonis Samaras compte sur la sortie du plan d'aide international, largement associé à l'austérité, pour regagner du terrain face au parti de gauche Syriza, qui est actuellement largement en tête dans les sondages. Le mécontentement populaire a refait surface mardi avec une grève nationale dans le secteur public, la première depuis l'été, pour protester contre les suppressions d'emplois imposées par les créanciers internationaux. ID:nL6N0RO2GG Six années de récession en Grèce ont porté le taux de chômage à 27%, le double de la moyenne de la zone euro, et la dette du pays - due pour l'essentiel à l'UE ou au FMI - devrait représenter 177% du produit intérieur brut cette année. "Le fait que la Grèce essaye de se tourner vers les marchés pour se financer repousserait d'autant une solution durable (à la question de la dette) qui reste à trouver", observe Daniel Lenz, analyste obligataire chez DZ Bank à Londres. De surcroît, cela supposerait un risque plus élevé pour les investisseurs privés, ajoute-t-il. Le rendement de l'emprunt grec à 10 ans GR10YT=TWEB a pris mardi 17 points de base à 6,08%, à son niveau le plus élevé depuis plus d'un mois, en réaction aux propos d'Antonis Samaras. La Grèce a effectué un retour réussi sur le marché de la dette cette année, avec des émissions à trois et cinq ans, et pourrait encore émettre du papier à sept ans d'ici fin décembre, selon une source gouvernementale. "Mais il sera pratiquement impossible pour la Grèce de lever de l'argent à long terme auprès des investisseurs privés", avertit Frederik Ducrozet, économiste au Crédit agricole. "Personne ne prendra le risque d'acheter de la dette à 10 ou 20 ans à ces bas niveaux de rendement. Le chemin à parcourir est encore long pour la Grèce et ce serait beaucoup mieux d'avoir un filet de sécurité pour se protéger d'éventuels chocs à l'avenir." (Avec Deepa Babington et Renee Maltezou à Athènes, Véronique Tison pour le service français, édité par Marc Angrand)

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  • LeRaleur le mardi 23 sept 2014 à 17:55

    Bonne idée pour laisser la place à la France.

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