La Grèce entame l'évacuation du camp de fortune d'Idomeni

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    IDOMENI, Grèce, 24 mai (Reuters) - La police grecque a 
commencé mardi à évacuer le camp de tentes improvisé d'Idomeni, 
dans le nord du pays à la frontière avec la Macédoine, où se 
trouvent depuis plusieurs mois des milliers de réfugiés et 
migrants cherchant en vain à gagner d'autres pays d'Europe.  
    Des journalistes de Reuters ont vu en début de matinée 
plusieurs bus emmenant des migrants hors du camp alors qu'une 
dizaine d'autres arrivaient sur place. Il semble que les 
familles aient été évacuées en premier. 
    Les autorités grecques expliquent que les réfugiés et 
migrants d'Idomeni seront transférés dans les prochains jours 
dans des camps gérés par l'Etat situés plus au sud.  
    "L'évacuation progresse sans aucune difficulté", a déclaré 
Giorgos Kyritsis, porte-parole du gouvernement pour les dossiers 
liés aux migrants. 
    Un journaliste de Reuters se trouvant du côté macédonien de 
la frontière a constaté une importante présence policière mais 
aucun incident.  
    Du côté grec de la frontière, les médias étaient tenus à 
distance des bus, à proximité desquels un groupe de personnes 
habillées en clowns agitaient des ballons.  
    "Ceux qui font leurs bagages vont partir parce que nous 
voulons régler ce dossier, idéalement d'ici la fin de la 
semaine. Nous n'avons pas fixé de date limite stricte mais c'est 
plus ou moins ce que nous prévoyons", a dit Giorgos Kyritsis à 
Reuters. 
    Selon le dernier décompte en date, le camp d'Idomeni 
hébergeait 8.199 personnes. Ce chiffre avait un temps dépassé 
12.000, le camp s'étant progressivement étendu depuis le mois de 
février en raison de la fermeture de leurs frontières par 
plusieurs pays de la région, qui a empêché les réfugiés et 
migrants de poursuivre leur chemin vers l'Allemagne ou d'autres 
pays.  
    Venues en majorité de zones de conflit comme la Syrie, 
l'Irak et l'Afghanistan, les migrants et réfugiés avaient 
jusqu'à présent refusé de quitter les lieux pour gagner des 
camps "organisés" installés par les autorités grecques, en dépit 
de la précarité des conditions de vie et de tensions récurrentes 
avec la police macédonienne.  
    Le directeur pour la Grèce de l'organisation 
non-gouvernementale International Rescue Committee, Panos 
Navrozidis, a expliqué que la possibilité d'un 
pré-enregistrement sur place des demandes d'asile avait incité 
une partie des réfugiés à quitter Idomeni, même si le processus 
de traitement des demandes restait "inadapté et lent". 
    La liaison ferroviaire entre la Grèce et la Macédoine est 
bloquée depuis plus d'un mois par des migrants, ce qui oblige 
les trains à un détour par la Bulgarie, plus à l'est.  
     
 
 (Phoebe Fronista et Fedja Grulovic, avec Angelika Koutantou à 
Athènes; Marc Angrand pour le service français) 
 
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