La Grèce dit ne pas pouvoir répondre à certaines exigences

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 (Actualisé avec précisions) 
    ATHÈNES, 30 mai (Reuters) - La Grèce a annoncé à ses 
créanciers internationaux qu'elle ne pouvait pas mettre en 
oeuvre certaines mesures supplémentaires exigées en échange de 
nouveaux prêts dans le cadre de son plan de sauvetage, 
apprend-on lundi de trois sources proches du dossier. 
    Cette décision, si elle se confirme, pourrait encore 
retarder le déblocage de fonds dont l'Etat grec à un besoin 
urgent pour honorer des échéances de prêts du Fonds monétaire 
international (FMI) en juin et d'obligations de la Banque 
centrale européenne (BCE) en juillet, et couvrir des arriérés de 
paiements en augmentation constante.   
    Après des mois de négociations, la Grèce a signé mercredi un 
accord avec ses créanciers prévoyant le déblocage de 10,3 
milliards d'euros de nouveaux prêts et la promesse d'un 
allègement du fardeau de sa dette en 2018.   
    Mais dans une lettre envoyée la semaine dernière aux 
créanciers, le ministre des Finances, Euclide Tsakalotos, a fait 
savoir qu'un certain nombre des conditions supplémentaires ne 
pourraient pas être respectées, a-t-on précisé de mêmes sources. 
    Le ministère des Finances s'est refusé à tout commentaire 
dans l'immédiat et il n'a pas été possible de savoir si le 
déblocage des fonds pouvait être remis en question.  
    Selon l'une des sources, certaines des nouvelles conditions 
jugées impossibles ont trait aux réformes des retraite. 
     
    TSIPRAS OPPOSÉ AU GEL DE CERTAINS SALAIRES 
    "Nous ne pouvons pas faire des modifications importantes. 
Mais nous procéderons aux amendements techniques qui ont été 
discutés. Certains d'entre eux sont judicieux", a dit à Reuters 
un responsable du gouvernement grec.  
    Selon le journal Ta Nea, la lettre a été envoyée à Pierre 
Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et 
financières, Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, et 
Poul Thomsen, directeur pour l'Europe du FMI. 
    A Bruxelles, un responsable de l'Union européenne a confirmé 
la poursuite de discussions avec la Grèce pour "oeuvrer à 
finaliser les mesures" suite aux préoccupations formulées par 
Athènes. 
    Selon Ta Nea, les désaccords concernent notamment la 
privatisation de l'exploitant de réseau électrique ADMIE et le 
gel de salaires de certains fonctionnaires, comme les 
garde-côtes et les policiers. 
    Lors d'un débat au Parlement la semaine dernière, le Premier 
ministre, Alexis Tsipras, a déclaré que le gel des salaires de 
ces fonctionnaires serait "une grande injustice". 
    Dans le but d'obtenir de nouveaux fonds, la Grèce a adopté 
notamment des réformes des retraites, des augmentations d'impôts 
et la création d'un fonds de privatisations ainsi que des 
réductions de dépenses qui entreraient en vigueur si Athènes 
n'atteignait pas les objectifs budgétaires fixés par ses 
créanciers. 
    Ces mesures ont suscité l'hostilité de l'aile gauche de la 
coalition au pouvoir, qui ne dispose que d'une courte majorité 
au Parlement. 
     
 
 (Renee Maltezou; Juliette Rouillon pour le service français, 
édité par Patrick Vignal et Marc Angrand) 
 
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