La Grèce dit croire à un accord rapide avec FMI et BCE

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(Actualisé avec communiqué du ministère grec des Finances, déclaration du FMI) FRANCFORT/BRUXELLES/ATHENES, 4 février (Reuters) - La Grèce pense pouvoir conclure rapidement un accord sur sa dette avec ses partenaires européens, le FMI et la BCE, a déclaré mercredi son ministre des Finances, Yanis Varoufakis. Le gouvernement dirigé par Alexis Tsipras, dont le parti anti-austérité, Syriza, a remporté les élections législatives du 25 janvier, veut restructurer la dette du pays, qui dépasse 320 milliards d'euros, soit environ 175% du produit intérieur brut (PIB). Yanis Varoufakis a proposé d'échanger les obligations d'Etat détenues par la BCE et les pays de la zone euro contre des titres dont les intérêts seraient indexés sur la croissance économique ou contre des obligations perpétuelles. "Je n'ai aucun doute sur le fait que nous pouvons faire aboutir nos discussions avec nos partenaires européens, ainsi qu'avec le FMI et la BCE, dans un délai très court afin de pouvoir faire redémarrer l'économie grecque", a-t-il déclaré mercredi à Reuters. "La BCE est la banque centrale de la Grèce (...) La BCE fera tout ce qu'il faut pour soutenir les Etats membres de la zone euro", a-t-il ajouté après un entretien qualifié de "fructueux" avec le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi. "Nous avons établi une ligne de communication. Nous lui avons présenté les principaux objectifs de ce gouvernement, qui visent à réformer la Grèce d'une manière qui n'a jamais été tentée jusqu'à présent et avec une détermination qui a toujours été absente", a expliqué Yanis Varoufakis. A Athènes, le ministère des Finances a déclaré que Varoufakis avait rencontré ce week-end à Paris Poul Thomsen, le directeur du département Europe du FMI, très impopulaire en Grèce depuis qu'il a dirigé les missions d'inspecteurs de l'organisation sur place. "La réunion a été amicale, elle visait à ce que les deux hommes fassent connaissance compte tenu de leurs nouvelles responsabilités", a précisé le ministère. VAROUFAKIS EN ALLEMAGNE, TSIPRAS À BRUXELLES ET PARIS Le FMI a par ailleurs démenti que les deux parties aient engagé des discussions sur une renégociation de la dette, comme l'avait laissé entendre Varoufakis dans un entretien au quotidien italien La Repubblica. "Il y a un cadre accepté pour traiter de la dette dans le cadre du programme actuel. Il n'y a pas eu de discussions avec les autorités (grecques) concernant la modification de ce cadre", a dit une porte-parole dans un communiqué. La BCE n'a quant à elle fait aucun commentaire sur les discussions. Le Conseil des gouverneurs devait se réunir dans la journée pour débattre du maintien ou non, et dans quelles conditions, de la fourniture de liquidités aux banques grecques. Yanis Varoufakis doit rencontrer jeudi le ministre allemand des Finances. Selon un document élaboré par Berlin que s'est procuré Reuters, l'Allemagne veut qu'Athènes renonce à certaines de ses promesses de campagne pour renouer avec la politique économique sur laquelle le précédent gouvernement s'était engagé auprès des créanciers internationaux. "L'Eurogroupe a besoin d'un engagement clair et rapide de la Grèce à assurer la mise en oeuvre intégrale des réformes clés nécessaires pour maintenir le programme en place", explique le document allemand. Alexis Tsipras, lui, s'est entretenu mercredi matin avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et celui du Conseil européen, Donald Tusk. Il a ensuite été reçu par le président français, François Hollande, à Paris. Avant de quitter Bruxelles, il a assuré que son pays n'entendait pas s'affranchir des règles de fonctionnement de l'Union. ""Notre objectif est de respecter la souveraineté du peuple grec et le mandat clair de notre peuple. En même temps, nous respectons les règles de l'Union européenne. Nous voulons corriger ce cadre, pas le détruire, et nous pensons que dans ce cadre, nous pouvons trouver une solution commune viable", a-t-il dit. Donald Tusk, lui, a dit s'attendre à des discussions "difficiles", soulignant qu'un compromis nécessiterait "coopération, dialogue, mais aussi des efforts déterminés de la part de la Grèce". (Isla Binnie, avec John O'Donnell à Francfort, Foo Yun Chee et Alastair Macdonald à Bruxelles, Stephen Brown à Berlin; Marc Angrand pour le service français)

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