La Grèce dit avoir soumis un projet réaliste à ses créanciers

le , mis à jour à 12:38
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par Lefteris Papadimas et Leigh Thomas

ATHENES/PARIS (Reuters) - La Grèce a soumis à ses créanciers un projet de réformes "global" et "réaliste" et un accord dépend désormais des dirigeants politiques européens, a déclaré mardi le Premier ministre Alexis Tsipras.

Sans en préciser le contenu, il a ajouté que ces propositions avaient été transmises aux créanciers d'Athènes lundi soir. Un responsable grec a expliqué que le document avait été soumis avant la réunion en fin de soirée à Berlin des dirigeants allemand et français et de ceux de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI).

"Nous avons soumis un projet réaliste pour sortir la Grèce de la crise. Un projet réaliste dont l'acceptation par les institutions, nos créanciers et nos partenaires en Europe marquera la fin du scénario de la division de l'Europe", a dit le chef du gouvernement à la presse à l'issue d'une réunion à Athènes.

"Nous n'attendons pas d'eux qu'ils soumettent une proposition. La Grèce soumet un projet, il est désormais clair que (...) la décision appartient aux dirigeants politiques de l'Europe", a-t-il ajouté.

Des sources proches des discussions ont déclaré que les dernières propositions en date n'incluaient pas de nouvelles concessions importantes sur les sujets qui constituent les principaux points de blocage, comme les retraites et la réforme du marché du travail.

"Les négociations sont dures, nous sommes déterminés, nous négocions avec un projet, avec une stratégie, dans des circonstances difficiles", a poursuivi Alexis Tsipras.

LES POLITIQUES REPRENNENT LA MAIN

Le président de la BCE, Mario Draghi, et la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, ont débattu de la Grèce lundi soir dans la capitale allemande avec le président français, François Hollande, la chancelière allemande, Angela Merkel et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Tous sont convenus de "travailler de façon intense pour parvenir à une position commune des institutions et de rester en étroit contact avec Alexis Tsipras", a déclaré l'Elysée à l'issue de cette rencontre.

Cette rencontre au sommet tenue à l'improviste marque un tournant dans le dossier puisque les dirigeants politiques et ceux des grandes institutions financières concernées insistaient ces derniers mois sur le fait que les négociations devaient se poursuivre au niveau des experts.

Le temps presse pour toutes les parties puisque la Grèce doit faire face dès vendredi et au cours des prochaines semaines à des échéances financières de plus en plus difficiles à honorer.

Or un défaut d'Athènes ne manquerait pas d'attiser les craintes d'un "Grexit", une sortie pure et simple de la Grèce de la zone euro, et de déclencher de nouvelles turbulences sur les marchés financiers.

Le ministre allemand de l'Economie, Sigmar Gabriel, a affirmé mardi qu'un défaut de la Grèce aurait des conséquences "gigantesques" pour l'Europe, tout en ajoutant espérer qu'un accord soit conclu pour éviter un tel scénario.

MOSCOVICI ÉVOQUE DE "VRAIS PROGRÈS"

Une source gouvernementale grecque a déclaré que le remboursement d'environ 300 millions d'euros au FMI dû vendredi serait effectué en cas d'accord avec les créanciers, ce qui sous-entend qu'Athènes pourrait ne pas payer en l'absence d'un compromis.

"Si nous jugeons qu'un accord est scellé, alors nous effectuerons normalement le paiement du 5 juin", a déclaré ce responsable. Il a précisé que ce versement aurait lieu en cas d'accord préliminaire, même si celui-ci n'est pas encore approuvé par l'Eurogroupe.

Le versement dû au 5 juin est le premier des quatre remboursements que la Grèce doit effectuer au FMI d'ici la fin du mois, pour un montant total de 1,6 milliard d'euros.

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a évoqué de "vrais progrès" dans les discussions, sur des sujets comme la TVA, la collecte de l'impôt, la réforme de l'administration grecque ou encore les retraites, l'un des volets les plus délicats de la négociation.

"On commence à travailler de manière consistante sur les retraites", a-t-il déclaré avant d'ajouter toutefois: "Mais nous n'y sommes pas encore."

Pour Pierre Moscovici, "il y a des bases solides pour progresser (...) (mais) il reste encore des efforts des deux côtés à faire pour parvenir" à un accord.

(avec Karolina Tagaris et Renee Maltezou à Athènes et Yann Le Guernigou à Paris,; Jean-Stéphane Brosse et Marc Angrand pour le service français)

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  • glitzy le mardi 2 juin 2015 à 12:50

    Erreur de traduction, il voulait dire "complètement irréaliste"

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