La Grèce demeurera un problème européen, estiment Delors et Lamy

le , mis à jour à 10:24
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PARIS, 4 juillet (Reuters) - La Grèce demeurera un problème européen quel que soit le résultat du référendum de dimanche et ce problème n'est pas seulement économique et financier mais aussi géopolitique, estiment Jacques Delors, Pascal Lamy et Antonio Vitorino dans une tribune publiée ce week-end dans la presse européenne. Les grecs sont invités à se prononcer dimanche sur le plan de sauvetage "argent frais contre réformes" proposé par les créanciers internationaux d'Athènes, et leur Premier ministre, Alexis Tsipras, a appelé à voter "non". Les derniers sondages donnent le "oui" et le "non" au coude à coude. L'avenir de la Grèce dans la zone euro est en grande partie suspendu au résultat. Mais pour les trois dirigeants de l'Institut Jacques Delors- Notre Europe, ne considérer la crise grecque que sous l'angle des conséquences économiques et financières d'une sortie de la Grèce de l'union monétaire serait une erreur. "Il s'agit d'appréhender l'évolution de la Grèce dans une perspective géopolitique, comme un problème européen et qui le demeurera", écrivent l'ancien président de la Commission européenne, l'ex-directeur général de l'Organisation mondiale du commerce et l'ancien commissaire européen à la Justice dans cette tribune, publiée en France par le quotidien Le Monde. Pour eux, il conviendrait de ne pas considérer la Grèce avec les seules lunettes du Fonds monétaire international mais aussi avec celles de l'Organisation des nations unies. "C'est-à-dire comme un pays appartenant à des Balkans dont l'instabilité n'a guère besoin d'être encouragée en ces temps de guerre en Ukraine et en Syrie et de défi terroriste, sans oublier la crise migratoire." Sur le plan économique et financier, ils rappellent que la crise actuelle de liquidité de la Grèce est la conséquence d'une crise de solvabilité, elle-même symptôme des faiblesses d'un Etat et d'une économie à reconstruire de fond en comble. "Il appartient à l'Union européenne de prendre toute sa part dans cette reconstruction" et de proposer à la Grèce un plan en trois volets, concluent-ils : une aide financière "raisonnable" pour restaurer la solvabilité de la Grèce, une mobilisation des fonds de l'UE pour ranimer son économie, un examen "sans tarder" de la dette grecque et des autres pays dits "sous programme". (Emmanuel Jarry)

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