La Grèce alourdit sa fiscalité pour plaire à ses créanciers

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* Le gouvernement a transmis ses propositions jeudi soir * Il propose de davantage taxer le transport maritime * Il veut progressivement supprimer la fiscalité favorable des îles * Le Parlement grec convoqué vendredi (Actualisé avec porte-parole de Syriza) par Renee Maltezou et John O'Donnell ATHÈNES, 10 juillet (Reuters) - Le gouvernement grec a transmis ses nouvelles propositions à ses créanciers de la zone euro dans l'espoir d'obtenir de l'argent frais et d'éviter la faillite et demandera vendredi au Parlement de voter un certain nombre de mesures immédiates. Dans ses propositions, la Grèce se plie à un certain nombre d'exigences de ses créanciers. Athènes prévoit notamment une hausse des taxes sur le transport maritime et une suppression, pour la fin 2016, de la fiscalité avantageuse dont bénéficient ses îles, composantes essentielles de l'industrie du tourisme. En contrepartie des efforts consentis, Athènes réclame un financement de 53,5 milliards d'euros pour couvrir les obligations liées à sa dette jusqu'en 2018. Le gouvernement de la gauche radicale du Premier ministre Alexis Tsipras veut aussi que ses créanciers revoient les objectifs en matière d'excédent primaire pour les quatre prochaines années et un "reprofilage" de la dette à long terme. Le président de l'Eurogroupe des ministres des Finances de la zone euro, Jeroen Dijsselbloem, a confirmé avoir reçu les propositions, mais ne fera pas de commentaire sur ces nouvelles propositions tant qu'elles n'auront pas été évaluées par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international (FMI). Ces mesures devraient satisfaire les marchés boursiers. A l'annonce du contenu, les contrats à terme sur les indices boursiers américains étaient en hausse de 1% en Asie. Les chefs d'Etat et de gouvernement européens ont prévu de se réunir en sommet dimanche pour évaluer les propositions de réformes. S'ils estiment qu'elles peuvent servir de base à des négociations pour un prêt de trois ans et à des crédits relais pour maintenir la Grèce à flot, la Vouli se réunira alors à nouveau la semaine prochaine pour transformer les propositions en loi. La Vouli, le Parlement grec monocaméral, sera convoqué vendredi pour autoriser le gouvernement à négocier une série d'"actions préalables" à prendre avant de recevoir les premières aides. Selon un porte-parole de Syriza, les propositions adressées jeudi par Alexis Tsipras aux créanciers seront soutenues par le Parlement. Prié de dire si un accord serait trouvé, Nikos Filis a répondu: "Certainement. Nous nous adresserons aujourd'hui au Parlement." PAS D'UNANIMITÉ A ATHÈNES Signe d'éventuelles difficultés à venir, le chef de parti des Grecs indépendants, alliés à Syriza au sein de la coalition au pouvoir, n'a pas signé la liste des propositions. Les Grecs indépendants ont menacé de retirer leur soutien au gouvernement en cas de suppression des exemptions d'impôts dont bénéficient les îles. Le ministre de l'Energie, Panagiotis Lafazanis, qui représente la gauche de Syriza, n'a pas non plus signé. Les propositions adressées jeudi soir par la Grèce prévoient aussi un relèvement de la TVA sur la restauration à 23% (à 13% pour l'hôtellerie), de présenter une réforme des retraites et de fixer un calendrier ferme pour les privatisations de différentes propriétés de l'Etat dont le port du Pirée et les aéroports régionaux. La Grèce propose notamment de supprimer par étapes à l'horizon fin 2019 le complément de pension pour les retraités les plus modestes (Ekas). Elle prévoit aussi de réduire les dépenses en matière de défense d'un montant de 300 millions d'euros d'ici la fin 2016. La Grèce vit au rythme du contrôle des capitaux depuis le 29 juin avec des banques fermées et les retraits aux distributeurs de billets rationnés après l'échec des précédentes négociations de sauvetage. Le 30 juin, la Grèce a fait défaut sur un remboursement de 1,6 milliard d'euros dû au FMI. Elle doit aussi faire face à un remboursement de 3,49 milliards d'euros dû à la BCE le 20 juillet, auquel elle ne pourra procéder sans aide. Depuis 2010, la Grèce a bénéficié de deux plans de sauvetage de la part de la zone euro et du FMI qui prévoyaient des financements contre l'instauration de mesures d'austérité, mais dans le même temps, le produit intérieur brut (PIB) du pays a diminué du quart, tandis que le taux de chômage montait à 25%. Quelques heures avant l'expiration de la date limite pour la présentation des réformes, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a reconnu que l'effacement d'une partie de la dette de la Grèce pourrait être nécessaire pour la rendre supportable tout en excluant cette éventualité. Il a fait valoir que les règles européennes empêchaient d'effacer une partie des créances sur la Grèce. Il n'a pas dit comment faire pour résoudre ce paradoxe, mais il a indiqué qu'il y avait toutefois des possibilités limitées de réaménagement de la dette grecque avec notamment une extension des échéances et un abaissement des taux d'intérêt pratiqués. Selon le calendrier prévu, les trois institutions représentant les créanciers (CE, BCE, FMI) livreront leur évaluation initiale vendredi soir. Si elle est globalement positive, l'Eurogroupe des ministres des Finances de la zone euro décidera samedi de l'utilité d'ouvrir des négociations avec Athènes à un prêt sous condition du Mécanisme européen de stabilité (MES). La décision nécessite l'assentiment de pays représentant 80% du capital du MES. Après la large victoire du "non" qu'il avait prônée au référendum de dimanche dernier pour rejeter les termes du précédent plan de sauvetage, Alexis Tsipras est en meilleure position pour imposer des mesures difficiles et faire face à la résistance des Grecs. (Renee Maltezou et Costas Pitas; Danielle Rouquié et Nicolas Delame pour le service français)

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  • M7361806 le vendredi 10 juil 2015 à 09:42

    Les créanciers de la FRANCE sont des gens HEUREUX !

  • pierry5 le vendredi 10 juil 2015 à 09:27

    L'augmentation de la TVA, mon prédécesseur vient d'expliquer, en ce qui concerne le diminution des compléments de pension pour les retraités les plus modestes, ça va faire diminuer le pouvoir d'achat et ils seront obligés de les assister. C'est prendre d'un coté ce qu'il faudra redonner d'une autre.

  • pierry5 le vendredi 10 juil 2015 à 09:22

    Taxer les transports maritimes !!!!! Il y a pléthore de paradis pour eux, même au centre de l'Europe. Là c'est plutôt foutu. Quand aux retraités, c'est bien de les faire travailler plus longtemps mais il faut leur trouver du travail dans un pays où plus de 40% des jeunes sont sans travail.

  • odnaz le vendredi 10 juil 2015 à 09:19

    Mais les européens sont nuls aussi : leur demander d'augmenter leur taux de TVA est ridicule ! Plus il augmenteront ce taux moins il y aura de TVA récoltée, c'est quand même simple à comprendre. D'ailleurs pourquoi chez nous a-t-on baissé celle sur les artisans du bâtiment ? ..... pour éviter trop de "black". Les grecs ont compris que le cash était une arme redoutable contre l'appétit insatiable de l'Etat.

  • pierry5 le vendredi 10 juil 2015 à 09:19

    Tout le monde veut du cash.......................

  • pierry5 le vendredi 10 juil 2015 à 09:18

    Exactement tout le veut du cash et ça va se généraliser à l'allure où les gens, en payant par carte, ne contrôle plus très bien leur budget et de plus se font régulièrement piraté. Je viens de me faire pirater sur ma carte de crédit pour environ 2000 € et j'ai un mal de chien pour récupérer mon argent.

  • M2784728 le vendredi 10 juil 2015 à 09:15

    Bref, la grece change de rouge à lèvres; cela peut satisfaire Hollande .....mais pas les autres ! Il faut avoir le courage de les envoyer se faire voir .....chez eux.

  • vmcfb le vendredi 10 juil 2015 à 08:40

    Les grecs, en moins de 15 jours, ont fait exploser à la hausse leur marché noir: plus personne ne veut être payé autrement qu'en cash: alors les promesses de faire remonter les impôts ne sont plus crédibles! On classe le dossier..

  • M4750397 le vendredi 10 juil 2015 à 08:35

    Pour le moment il n'y a que des mots sur du papier et rien d'autre. Il revient maintenant au Parlement grec de se prononcer. A quoi a servi ce référendum?

  • pierry5 le vendredi 10 juil 2015 à 08:13

    C'est de la poudre aux yeux, ça ne servira qu'à augmenter une dette déjà vertigineuse qu'ils ne pourrons jamais rembourser. La seule solution c'est de sortir de l'Euro et prendre leur destin en main.

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