La Grèce accepte l'aide européenne face au flux migratoire

le
0
    par Alastair Macdonald et Alexandros Avramidis 
    BRUXELLES/IDOMENI, Grèce, 3 décembre (Reuters) - La Grèce a 
accepté jeudi l'aide de l'Union européenne pour surveiller ses 
frontières et gérer l'afflux de milliers de migrants, écartant 
ainsi la menace d'une éventuelle suspension de l'espace 
Schengen. 
    Quelques heures avant une réunion vendredi des ministres de 
l'Intérieur de l'UE consacrée à la situation de la Grèce face à 
la crise migratoire, Athènes a finalement répondu aux appels de 
Bruxelles et accepté l'offre d'assistance de ses partenaires. 
    Des responsables européens avaient auparavant souligné que 
la Grèce n'était pas menacée d'une expulsion de l'espace 
Schengen, une mesure qui aurait été toute symbolique puisque ce 
pays n'a pas de frontières communes avec d'autres pays de l'UE. 
    Mais des diplomates n'en avaient pas moins souligné que le 
gouvernement grec faisait l'objet de fortes pressions afin qu'il 
démontre sa volonté de coopérer avec ses partenaires sur la 
question migratoire. 
    Athènes a finalement répondu favorablement à trois 
propositions de l'UE: envoi de personnel européen à sa frontière 
 nord, déploiement de gardes-frontières étrangers sur les îles 
de la mer Egée et fourniture de tentes et de matériel destinés 
aux migrants bloqués sur son territoire. 
    Cette décision a été saluée par le commissaire européen à la 
Migration, Dmitris Avramopoulos, lui-même grec. 
    A la frontière entre la Grèce et la Macédoine, des 
affrontements ont opposé pour la deuxième journée consécutive 
les policiers macédoniens à des dizaines de manifestants et un 
migrant marocain de 22 ans est mort électrocuté près d'une voie 
ferrée. 
     
    CLÔTURE 
    Quelque 3.000 personnes, en majorité venues du Pakistan, 
d'Iran et du Maroc, sont bloquées depuis plusieurs semaines côté 
grec du poste-frontière d'Idomeni et veulent passer en Macédoine 
pour gagner ensuite l'Europe occidentale. 
    La Macédoine a érigé dans ce secteur une clôture métallique 
pour empêcher le passage des migrants et prévoit de la prolonger 
pour couvrir au total plus de 40 kilomètres. 
    Comme la veille, des dizaines de migrants ont lancé jeudi 
des pierres sur les policiers macédoniens, qui ont riposté en 
tirant des grenades lacrymogènes.  
    Les affrontements ont commencé samedi dernier quand un 
migrant, probablement marocain lui aussi, a été grièvement brûlé 
par électrocution en tentant de monter sur un wagon. 
    Amnesty International a demandé à la Macédoine de mettre fin 
à sa politique "discriminatoire". 
    L'agence européenne Frontex, chargée de la coordination de 
la surveillance aux frontières extérieures de l'UE, a annoncé 
jeudi qu'elle allait aider les Grecs dans leurs tâches 
administratives le long de la frontière avec la Macédoine. 
    Les agents de Frontex prêteront main forte aux Grecs pour 
enregistrer les migrants mais ne devraient ni patrouiller le 
long de la frontière, ni assurer des gardes, a-t-on précisé de 
source grecque autorisée. 
    Début octobre, Frontex avait demandé aux Etats membres de 
l'UE un renfort de 775 gardes mais n'en a jusqu'ici obtenu que 
447, a déclaré dans un communiqué son directeur exécutif, 
Fabrice Leggeri. 
 
 (Avec Karolina Tagaris, Kole Casule, Stephanie Nebehay et 
Michelle Martin; Guy Kerivel pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant