La grande colère des abonnés du TGV

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Pour résorber les retards à répétition, la SNCF promet un plan de modernisation de ces lignes parmi les plus anciennes de France.

En proie à un véritable ras-le-bol, les usagers réguliers des lignes de TGV Paris-Tours passent à la vitesse supérieure. En colère depuis de longs mois, ils ont décidé, à l'instar de ceux de la ligne Paris-Le Mans, de faire grève ce matin pour manifester contre les retards à répétition. Une grève qui passe par des rassemblements, dans chaque train, dans le wagon bar, en refusant de présenter son titre de transport. C'est ce que pratiquent depuis début janvier, arborant un badge «Abonnés en grève», les usagers quotidien de la ligne Paris-Le Mans qui se sont constitués en collectif pour se plaindre des retards et des mouvements sociaux. Quelque 300 abonnés des lignes reliant Arras, Douai, Dunkerque et Lille à l'Ile-de-France vont également observer cette grève.

Voilà trois ans que l'association des usagers de la ligne Tours-Paris dénonce la dégradation de la qualité du service, en particulier de la ponctualité. En avril dernier, l'un de ses membres a même créé un site, lesretards.com, afin que chacun puisse signaler les retards. «Au total, nous avons constaté 30 heures de retard par abonné sur 2009 et 42 heures pour l'année 2010 ! note David Charretier, président de l'Association des usagers du Tours-Paris. Or, ces retards réguliers ont des conséquences personnelles et professionnelles non négligeables.»

D'autant que la SNCF poursuit les hausses de tarifs. «L'abonnement mensuel, qui est de 500 euros environ, a augmenté de 26 % depuis 2002 !» poursuit David Charretier.

Les usagers de la ligne Le Mans-Paris évoquent 40 heures de retard par abonné, sans parler des grèves qui obligent à prendre les TER, soit jusqu'à plus de 2 h 30 de trajet pour rejoindre Paris... Outre la résolution des retards, l'ensemble des associations demande une compensation par abonné de 250 à 300 euros et un gel des tarifs pour 2011.

À la SNCF, on évoque un nouveau rendez-vous prochainement, même si des rencontres ont déjà eu lieu localement. Surtout, conscient de l'usure de ces lignes, parmi les plus anciennes de France, Guillaume Pépy, président de la SNCF, a annoncé un plan d'urgence des douze «lignes malades», de plusieurs dizaines de millions d'euros chacune. Et la publication mensuelle d'un baromètre de satisfaction des clients.

Mais selon Pascal Mignot, porte-parole des usagers de la ligne Le Mans-Paris, «ces déclarations ne nous convainquent pas, c'est pour amuser la galerie...». La colère ne faiblit pas.

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