La Grande-Bretagne veut étudier les "Panama papers"

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 (Actualisé avec détails §4, 6-11) 
    par Kylie MacLellan 
    LONDRES, 4 avril (Reuters) - Le gouvernement britannique a 
demandé lundi une copie des documents sur les clients du cabinet 
juridique panaméen Mossack Fonseca, au coeur des révélations 
d'une centaine de médias du monde entier, en promettant d'agir 
au cas où ils révéleraient des faits d'évasion fiscale. 
    Ces documents, transmis par un lanceur d'alerte, révèlent 
selon le Consortium international des journalistes 
d'investigation (ICIJ) de multiples informations sur des avoirs 
cachés dans des paradis fiscaux par des milliers de personnes ou 
organisations, parmi lesquelles figurent des dirigeants 
politiques en exercice, des personnalités sportives et des 
organisations criminelles.   
    Parmi les noms de bénéficiaires de mécanismes d'évasion 
fiscale cités dans la presse britannique figurent celui du père 
- aujourd'hui décédé - du Premier ministre David Cameron, ainsi 
que ceux de plusieurs membres, anciens élus et donateurs du 
Parti conservateur. 
    En 2012, des médias britanniques avaient rapporté que le 
père de David Cameron dirigeait un réseau de fonds 
d'investissement offshore pour faire fructifier la fortune 
familiale. Rien ne suggère qu'il ait commis quelque chose 
d'illégal.  
    Interrogée pour savoir si des fonds de la famille Cameron 
étaient encore investis dans des sociétés extraterritoriales, 
une porte-parole du Premier ministre a répondu qu'il s'agissait 
"d'une question privée". 
    Jennie Granger, directrice générale de l'administration des 
impôts et douanes britanniques, a déclaré que le gouvernement 
avait reçu "d'un grand nombre de sources une grande quantité 
d'informations sur des sociétés offshore, y compris au Panama, 
qui font actuellement l'objet d'une enquête approfondie". 
    "Nous avons demandé à l'ICIJ de partager avec nous les 
données qu'il s'est procurées. Nous étudierons attentivement ces 
données et nous agirons rapidement et de manière appropriée", 
a-t-elle ajouté dans un communiqué.  
    Pour John McDonnell, porte-parole du Parti travailliste, les 
"Panama papers" démontrent que David Cameron n'a pas réussi à 
mettre fin au secret fiscal et à lutter efficacement contre les 
montages offshore. 
    Le gouvernement britannique a rappelé que depuis 2010, ce 
sont plus de deux milliards de livres sterling (2,84 milliards 
de dollars) qui ont été rapatriés dans le cadre de la lutte 
contre l'évasion fiscale.  
    Quatre-vingt-dix pays ont signé avec la Grande-Bretagne des 
accords d'échange automatique d'informations fiscales depuis que 
cette question a été placée au coeur de la présidence 
britannique du G8 en 2013, a précisé la porte-parole de Cameron. 
    La Grande-Bretagne fait pression sur ses territoires 
d'outre-mer et sur les dépendances de la couronne britannique, 
pour la plupart des paradis fiscaux, afin de créer des registres 
publics. 
    La porte-parole de David Cameron a également été interrogée 
pour savoir si le Premier ministre entendait légiférer pour 
contraindre les îles Caïman ou les îles Vierges britanniques à 
publier ce type d'informations. 
    "Le Premier ministre a clairement dit qu'il n'excluait 
aucune option s'ils (ces territoires) ne le faisaient pas", 
a-t-elle dit. 
 
 (Kylie MacLellan; Marc Angrand et Pierre Sérisier pour le 
service français, édité par Jean-Stéphane Brosse) 
 
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