La Grande-Bretagne devrait conserver son triple A

le
0
LA GRANDE-BRETAGNE DEVRAIT CONSERVER SON TRIPLE A, SELON UNE ENQUÊTE
LA GRANDE-BRETAGNE DEVRAIT CONSERVER SON TRIPLE A, SELON UNE ENQUÊTE

par Matt Falloon et Sven Egenter

LONDRES (Reuters) - La Grande-Bretagne devrait conserver son triple A étant donné la volonté de son gouvernement d'effacer un énorme déficit budgétaire et la capacité de la Banque d'Angleterre (BoE) à faire fonctionner la planche à billets, estiment les économistes interrogés par Reuters.

L'agence de notation Moody's a affecté lundi soir une perspective négative à la note britannique, tout comme sur celles - Aaa aussi - de la France et de l'Autriche, évoquant la crise de la zone euro et jugeant que l'économie et les finances du pays étaient trop faibles pour résister à un choc majeur.

Mais économistes et analystes jugeaient mardi la Grande-Bretagne suffisamment solide pour s'en tirer sans déclassement, si l'on en croit une enquête Reuters menée à chaud auprès de dix économistes. Il en ressort une probabilité moyenne de 27,5% seulement de voir Londres perdre son triple A.

Malgré une situation économique morose et un taux de chômage au plus haut depuis 17 ans, la Grande-Bretagne continue de jouir de coûts de financement très bas, car les investisseurs considèrent ses emprunts (gilts) comme un havre de paix relatif dans la tourmente obligataire actuelle en dépit d'un déficit plus important que celui de la France, privée de son AAA par Standard & Poor's à la fin de l'année dernière.

Londres, qui a déjà dû renoncer à rééquilibrer les finances publiques à temps pour les prochaines élections en 2015, vise un déficit budgétaire de 8,4% du PIB sur l'exercice 2011-2012 et de 7,6% l'exercice suivant. La France anticipe 4,5% environ cette année et les Etats-Unis réaliseraient 6,2%.

Plusieurs raisons expliquent ce statut relativement privilégié du Royaume-Uni. La maturité moyenne de la dette britannique est de 14 ans, bien plus longue que celle de bon nombre d'autres pays, selon l'Office de gestion de la dette britannique.

En outre, la Banque d'Angleterre a augmenté la semaine dernière de 50 milliards de livres son programme de rachats d'actifs. Moody's elle-même a souligné le rôle majeur de la BoE comme point d'ancrage de la confiance des investisseurs et estimé que le risque de ne pas trouver d'acheteur de la dette britannique était limité.

"Le Royaume Uni présente le risque de refinancement le plus bas de toutes les grandes économies AAA, sur la base de la maturité moyenne de l'encours de dette britannique (...), en raison de l'important gisement d'investisseurs locaux et de la volonté et de la capacité de la banque centrale à entreprendre une politique monétaire accommodante", explique Moody's.

C'est surtout d'un point de vue politique que la perte du triple A se ferait sentir pour un gouvernement qui a misé sur le redressement de l'économie, la réduction rapide du déficit budgétaire et le maintien de la note maximale.

Une occasion que n'a pas manqué de saisir le Parti travailliste, en prévision des élections de 2015. Il accuse le Parti conservateur de mettre l'économie en péril. "J'ai toujours eu pour politique de dire qu'il ne fallait pas orienter la politique économique en fonction des déclarations des agences de notation", a déclaré Ed Balls, un ex-ministre devenu porte-parole aux Finances des travaillistes.

Wilfrid Exbrayat pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant