La Grande-Bretagne a plus que jamais besoin de Hinkley Point

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    * Un projet vital pour le gouvernement britannique 
    * Le nucléaire reste un pilier de sa stratégie 
    * Risque de retards supplémentaires 
 
    par Karolin Schaps 
    LONDRES, 8 mars (Reuters) - La crise au sommet chez EDF 
 EDF.PA  en raison d'un désaccord sur les modalités de 
financement du projet nucléaire controversé de Hinkley Point 
n'est pas sans risque pour la Grande-Bretagne, qui a un besoin 
vital de mener à bien la construction de ces deux réacteurs de 
type EPR. 
    Ce programme de 18 milliards de livres sterling (environ 23 
milliards d'euros) a entraîné la démission du directeur 
financier de l'électricien français, Thomas Piquemal, inquiet du 
poids que fait peser cette aventure sur le bilan du groupe. 
  
    Chez EDF comme au sein des gouvernements français et 
britannique, on s'est empressé de dire que le projet restait sur 
les rails mais il a déjà deux ans de retard et pourrait en 
prendre encore davantage. 
    Si le projet n'aboutit pas d'ici à 2025, l'alimentation en 
électricité de millions de ménages pourrait être menacée. 
    "Cela souligne la nécessité d'un plan B", estime Tim Yeo, le 
président conservateur de la commission parlementaire 
britannique sur l'énergie et le changement climatique. 
    Hinkley Point C doit fournir à terme environ 7% des besoins 
de la Grande-Bretagne en électricité. 
    "Un retard supplémentaire serait un revers pour le 
gouvernement britannique parce que le nucléaire est l'un des 
trois piliers de sa stratégie énergétique à long terme", analyse 
Coralie Laurencin, du cabinet spécialisé IHS Energy. 
    "Le fait que ce premier nouveau réacteur prenne tellement de 
temps n'arrange pas les choses." 
     
    DEUX AUTRES CENTRALES EN PROJET   
    Le gouvernement britannique risque de devoir se tourner vers 
d'autres centrales nucléaires ou encourager les centrales au 
gaz, le troisième pilier de sa politique énergétique étant les 
énergies renouvelables, en particulier l'éolien. 
    Deux autres groupes prévoient de construire des centrales 
nucléaires en Grande-Bretagne. D'une part NuGen, une 
coentreprise entre Westinghouse, filiale du japonais Toshiba 
 6502.T , et le français Engie  ENGIE.PA , et de l'autre 
Horizon, filiale de Hitachi  6501.T . 
    NuGen envisage de faire démarrer sa centrale de Moorside, 
dans le nord-ouest de l'Angleterre, en 2024, Horizon visant pour 
sa part un démarrage entre 2020 et 2025 de sa centrale galloise 
de Wylfa. 
    Les deux projets auront une capacité combinée de 6,3 
gigawatts contre 3,2 gigawatts pour Hinkley Point C. Il leur 
reste cependant à franchir de nombreux obstacles réglementaires 
et tarifaires, déjà effacés par le projet d'EDF. 
    Pour cette raison, les centrales au gaz, plus rapides à 
construire, pourraient être la meilleure option de remplacement, 
estime Andy Houston, du cabinet de consultants Poyry. 
    D'autres font valoir cependant que les centrales au gaz 
polluent et qu'en construire davantage compromettrait les 
objectifs de Londres en matière d'émissions de CO2. 
    La meilleure solution pour le gouvernement britannique 
demeure donc la livraison dans les meilleurs délais des 
réacteurs de Hinkley Point.  
 
 (Avec Geert de Clerq à Paris; Patrick Vignal pour le service 
français, édité par Wilfrid Exbrayat) 
 

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