La grande bataille du portefeuille électronique

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Pour contrer PayPal, Visa et Mastercard, trois banques françaises lancent Paylib, leur solution de e-paiement.

Une petite icône de plus sera bientôt proposée, au moment de régler un achat, sur quelques-uns des plus importants sites de e-commerce, comme voyages-sncf.com ou vente-privée.com. Cette icône, c'est celle de Paylib, le nouveau portefeuille électronique que viennent de créer BNP Paribas, La Banque postale et la Société générale, alliées pour l'occasion. Fort de quelque 23 millions de clients - invités à s'équiper gratuitement de cet outil dès le 24 septembre -, le trio espère prendre une longueur d'avance dans la bataille qui va s'intensifier autour du paiement en ligne.

Car la généralisation rapide des smartphones et tablettes rend obsolète le paiement avec le numéro de la carte bancaire. Taper de longues séries de chiffres est trop fastidieux sur les petits écrans. Demain, les portefeuilles électroniques, comme Paylib, vont donc probablement rafler la mise, parce qu'avec eux, un identifiant, un mot de passe (qui peuvent être mémorisés sur l'appareil) et un code secret suffisent pour payer. Une solution que Paypal propose déjà, mais à des prix élevés pour les commerçants.

De redoutables outils de marketing

Depuis des mois, les grands acteurs du monde des paiements s'activent donc pour déployer leurs propres solutions. En France, Visa devrait lancer bientôt avec BPCE son portefeuille électronique, baptisé V. me. Idem chez MasterCard, qui affirme tenir le calendrier prévu, avec sa solution MasterPass. «Notre portefeuille électronique est en train de monter en puissance au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Australie, et sera lancé en France d'ici à la fin de l'année», note Régis Folbaum, président-directeur général de MasterCard France.

Mais pour avoir une chance de s'imposer auprès des consommateurs et devenir des standards sur ce marché, ces portefeuilles ne seront lancés auprès du public que lorsqu'ils sont déjà acceptés par un grand nombre de cybercommerçants. Un long travail de soute auxquels se livrent depuis des mois Visa et MasterCard.

Face à ces marques connues, au réseau d'acceptation international, trois banques françaises tentées de jouer les francs-tireurs feront-elles le poids? Qu'elles se lancent quand même dans la bataille, en prenant soin d'inviter les autres banques à les rejoindre pour créer un «standard de marché», en dit en tout cas long sur les enjeux. «Avec Paylib, c'est la banque qui émet le portefeuille électronique, pas Visa ou MasterCard», confie un conseiller. Elle conserve du même coup la main sur son client, et toutes les informations sur ses transactions. De redoutables outils de marketing, qui, demain, se monnaieront sans doute très cher.

Dans son portefeuille Paylib ouvert à la Société générale, le client ne pourra donc loger que ses cartes bancaires Société générale. S'il a aussi une carte BNP Paribas, il devra activer un autre portefeuille Paylib dans cet établissement. L'inverse de ce que prévoit par exemple Visa, qui autorise à placer dans V. me toutes les cartes, Visa ou MasterCard, quel que soit l'émetteur, avec la même procédure: indiquer une fois pour toutes les numéros et les cryptogrammes des cartes en question, conservés par Visa. Ainsi, l'internaute est libre de choisir, au moment de payer, celle qu'il veut utiliser. La Société générale, BNP Paribas et La Banque postale avancent, elles, qu'elles ne demandent pas aux clients leur numéro de carte: elles ont déjà toutes les informations nécessaires.

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