La gestion indicielle sera mieux contrôlée

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Patricia MARAIS
Patricia MARAIS
(lerevenu.com) - Les Exchange Traded Funds (ETF), encore communément appelés en France trackers, ont étendu la popularité des placements indiciels qui reproduisent l'évolution d'un indice (actions, obligations, matières premières, etc.). À la différence des Opcvm indiciels classiques (sicav et fonds communs de placement), les ETF sont cotés, eux, en continu et peuvent être achetés ou vendus aussi simplement qu'une action, au comptant ou au SRD (service de règlement différé). Dans un communiqué en date du 22 février dernier, l'Autorité des marchés financiers (AMF) a indiqué s'être alignée sur les orientations de l'ESMA, l'Autorité européenne des marchés financiers, en matière de gestion d'OPCVM indiciels et d'OPCVM cotés (ETF).

L'objet de ce nouveau cadre réglementaire consiste à contraindre les sociétés proposant ces placements indiciels à une information complète de leur fonctionnement et des garanties précises qu'ils offrent en cas de crise financière ou de ventes de panique. Leur grande simplicité a séduit les investisseurs, les institutionnels et les particuliers. À tel point qu'en Europe, les encours d'épargne gérés dans les fonds indiciels dépassent les 200 milliards d'euros. Mais ces fonds qui permettent de bénéficier de la performance d'un indice mettent en jeu une mécanique complexe tenue jusqu'à présent dans une opacité à peu près complète. Les six thématiques sur lesquelles l'AMF va désormais exercer son contrôle vigilant en donnent un avant goût : les OPCVM indiciels, avec ou sans effet de levier, les OPCVM cotés et le traitement des investisseurs du marché secondaire, le recours aux techniques de gestion efficace du portefeuille, le recours aux instruments financiers dérivés, le risque de contrepartie et la gestion des garanties financières, les indices financiers éligibles.

À l'aide d'un tracker, il est, en effet, possible d'obtenir une performance démultipliée (effet de levier) d'un indice. Les risques associés devront donc être plus clairement identifiés. De même, les établissements qui gèrent ces ETF devront désormais mieux distinguer leur caractère plus ou moins ?synthétique?, c'est-à-dire si la performance est obtenue avec des titres ?physiques? ou des contrats d'échange avec des banques ou des courtiers. Le cadre réglementaire exige aussi la plus grande information sur les écarts de performance constatés avec l'indice de référence. Enfin, les sociétés de gestion, lorsqu'elles prêtent à des tiers les titres du fonds, devront reverser aux porteurs des ETF la quasi-intégralité des revenus obtenus à cette occasion. 

L'industrie de la gestion d'actifs déplorera, sans doute, ce surcroît de contraintes qui rendront la production et la gestion d'ETF bien moins rémunératrices. Mais les épargnants qui ont pris goût à tous ces placements indiciels, eux, ne s'en plaindront pas. En particulier ceux qui détiennent des trackers-or. En effet, qu'adviendra-t-il si le prix de l'or continue à se replier, bien au-dessous de la barre des 1.500 dollars l'once (1.588,50 dollars, le 25 février) ? Cette famille de fonds indiciels cotés représente au total une contrepartie de 2.500 tonnes de métal jaune, détenues dans des coffres de banques, ou sous forme synthétique par des contrats d'échange. La liquidité de certains des trackers-or synthétiques pourrait être mise à rude épreuve en cas de mouvement de panique.  
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