La gestion française s'exporte mieux que prévu

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(NEWSManagers.com) -

La gestion française va mieux. C' est le premier constat établi par l' Autorité des marchés financiers (AMF) lors de la 11e édition annuelle des " Entretiens de l' AMF " qui s'est tenue fin novembre à Paris. " Pour l' année 2013, les encours sous gestion des asset managers français sont en hausse tout comme le chiffre d' affaires qui a gagné l' an dernier 5 % " , se réjouit Xavier Parrain, secrétaire général adjoint du régulateur. " La marge d' exploitation atteint 20 %, ce qui est très bien " , ajoute-t-il en préambule de la table ronde intitulée " Gestion d' actifs, quand la French Touch s' adapte à la nouvelle donne du marché" .

La nouvelle donne en question intègre aussi bien l' environnement difficile des taux bas que la faible volatilité dans laquelle les sociétés de gestion françaises doivent s' imposer. Elles recherchent donc la croissance sur des marchés dynamiques, notamment en dehors des frontières hexagonales, où les opportunités de collecte sont intéressantes. Aujourd' hui, 20 % des encours gérés par les maisons françaises ont une origine étrangère. " La gestion française s' exporte bien, et même mieux que ce qu' on avait prévu " , souligne Xavier Lépine, le président du directoire de La Française, qui rappelle que la moitié de la collecte au cours des trois dernières années provient d' investisseurs en dehors de France.

Pour aborder les investisseurs étrangers, le produit est au centre de la stratégie. " 80 % de la collecte des grands distributeurs de type Schroders ou Invesco se fait sur quelques produits, qui sont souvent relativement jeunes " , précise Xavier Lépine. Il existe donc un réel besoin de renouvellement des produits offerts à l' investisseur et une nécessité d' adapter l' offre aux changements de marché. " Les asset managers doivent prendre exemple sur les grandes maisons américaines et mettre à disposition quelques produits forts et typés avec un réel avantage compétitif. Nous devons être en permanence dans l' innovation " , insiste le président de La Française.

A force d' aller chercher la croissance à l' étranger, la délocalisation de la gestion française est-elle inévitable ? Pour Xavier Lépine, si c' est effectivement l' expertise française que l' on vend à l' étranger, il est tout de même indispensable d' avoir des équipes basées à l' étranger pour être proche des dossiers locaux, notamment dans l' immobilier. " La gestion française ne doit pas rester dans son village gaulois mais doit évoluer dans un village global " , a-t-il souligné.

Ce village global, c' est aussi la concurrence dans un marché de la gestion encore très fragmenté. " Les sociétés de gestion américaines ont su mettre un pied en Europe et s' y développer, alors que l' inverse n' est pas le cas " , rappelle Christian Dargnat, président de l'Association européenne des gestionnaires d'actifs (EFAMA). De fait, le responsable regrette que les négociations sur le traité transatlantiques ne prennent pas en compte le secteur de la finance.

En attendant de se voir faciliter l' entrée sur le marché américain de l' asset management, les sociétés de gestion françaises devront s' adapter aux grands changements en termes de demande de produits. Christian Dargnat donne les chiffres clé de cette évolution : en dix ans les produits 'long only' sont passés de deux tiers à moins de la moitié du total. De nouvelles classes d' actifs viennent sur le devant de la scène. La gestion passive a ainsi triplé en moins de dix ans " et ça va continuer " , anticipe Christian Dargnat, qui précise que la gestion passive représente 15 % en Europe mais plus de 45 % aux Etats-Unis. Enfin, le " liquid alternatif " pourrait être l' autre classe d'actifs à s' imposer petit à petit, avec des produits d' absolute return par exemple.

Jean-François Tardiveau

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