La gestion d'actifs face aux défis de la digitalisation

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(NEWSManagers.com) - " Il faut y aller, on n'a juste pas le choix" . Tel pourrait être l'un des enseignements du séminaire organisé par la fintech Particeep le 6 avril à Paris sur le thème de la digitalisation de la gestion d'actifs. La transformation numérique n'est pas un concept théorique mais une réalité que les gestionnaires d'actifs ne peuvent plus ignorer. Même si le secteur est encore en phase de maturation. Par exemple, sur la problématique de la blockchain. Une technologie qui, sur la base d'une information publique et historisée, permet de valider n'importe quelle transaction et d'éviter les intermédiaires, a rappelé Florian Graillot,associé chez Axa Strategic Ventures.

Toutefois, " les fondamentaux ne sont pas encore réunis pour la réussite de cette technologie" , a lancé Sylvain Thieullent, CEO de la société Horizon Software, spécialisée dans le digital et l'accompagnement des asset managers.

Les acteurs participant aux consortiums ont des profils très hétérogènes. Ils ne poursuivent pas forcément les mêmes objectifs et ne sont pas toujours d'accord sur les enjeux de cette technologie. La plupart ont un comportement plutôt défensif. Or, c'est l'offensive qui devrait être de mise, selon les intervenants au séminaire. Mais il subsiste encore un énorme travail de pédagogie auprès des sociétés de gestion qui, avant d'aborder les arcanes des dernières avancées technologiques, devraient plutôt s'efforcer de bien évaluer leurs besoins. Sur le front du traitement de la donnée par exemple, on peut observer que les besoins du buy-side sont en train de rejoindre les besoins du sell-side, à savoir que les gestionnaires d'actifs ont besoin, comme les banquiers d'investissement, d'une couche d'exécution plus sophistiquée que par le passé, avec la prise en compte de paramètres tels que la " scalabilité" (maintien des fonctionnalités avec la montée en charge) ou la latence.

Arnaud Misset, directeur des produits chez Caceis, a pour sa part insisté sur l'évolution très rapide intervenue au cours des dix-huit derniers mois sur le front de la blockchain. " On est train de passer à l'expérimentation de vraies solutions à destination de l'asset management. Nous organisons nous-mêmes des phases de tests en réel pour certains clients" , a-t-il indiqué. Le changement de paradigme implique aussi que les gestionnaires devraient, à l'aide du " big data" et des données disponibles sur les réseaux sociaux, s'intéresser davantage au comportement des investisseurs comme les groupes de distribution le font déjà depuis longtemps avec les consommateurs.

Autrement dit, qu'ils le veuillent ou non, les gestionnaires d'actifs sont pris dans un maelstrom digital qui va modifier les contours de leur activité. D'autant plus que le régulateur a bien compris l'ampleur du mouvement et s'intéresse de très près à toutes les évolutions en cours avec, à la clé, des adaptations ou des modifications des réglementations en vigueur pour intégrer les fintech dans l'écosystème de la gestion d'actifs. Il y a seulement quelques jours, le Trésor a par exemple ouvert une consultation publique sur la blockchain qui devrait ouvrir la voie, d'ici à la fin de l'année, à un encadrement légal de l'utilisation de cette technologie pour l'achat ou la vente de titres de sociétés non cotées. La très forte fréquentation du séminaire de Particeep montre en tout cas que les mutations en cours sont bien au coeur des préoccupations des acteurs de la gestion d'actifs...

Il reste que tout n'est pas rose dans le monde de la digitalisation. Véronique Riches-Flores, économiste invitée peu de temps avant cette table ronde, a ainsi rappelé que dans d'autres secteurs, la digitalisation ou la robotique avaient coûté cher en termes d'emploi aux acteurs traditionnels. La digitalisation a beaucoup impacté les modes de consommation, mais lorsqu'elle impactera véritablement les modes de production, cela peut faire mal en termes économiques. Le solde net entre les emplois créés par les nouvelles technologies et les emplois détruits qui en découlent pour gagner en efficacité n'est pas forcément positif. Gagner en productivité, oui, mais à quel prix?

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  • bordo il y a 3 mois

    Plutôt que des considérations auxquelles personne ne comprend rien, le vrai défi des gestions est la différentiation. Comment se différentier par rapport aux copains ? Telle est la question.