La généralisation de l'ISR reste au stade du rêve

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(NEWSManagers.com) - " Je ne sais pas quand, mais en matière d'investissement socialement responsable, nous passerons de la niche au mainstream" , a déclaré Christian Dargnat, directeur général de BNP Paribas Asset Management et chief investment officer de BNP Paribas Investment Partners, au cours d'un atelier organisé par le Forum GI.
Pour autant, ce dernier n'est pas certain, " pour des questions d'honnêteté intellectuelle" , qu'il faille basculer l'ensemble des encours sous gestion de BNP PAM en ISR en anticipation de cette évolution? En revanche, il souligne que la recherche globale de la société de gestion prend en compte les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), ce qui est une manière de diffuser ces critères à l'ensemble des gestions. D'autant plus que, selon lui, " les sociétés qui vont tenir compte des critères ESG répondront à la demande des consommateurs et ont des chances de tirer leur épingle du jeu, que l'on soit ISR ou pas" .
Dans la même logique, Christian Dargnat n'a pas souhaité " isoler l'ISR" , avec une seule équipe dédiée à cela. " Mais nous avons des équipes actions, taux? qui gèrent des produits ISR" .
De son côté, Patrick Savadoux, responsable ISR de Mandarine Gestion, ne croit pas à la généralisation de l'ISR. En effet, pour lui, cela impliquerait une refonte complète des processus de gestion, ce qui lui semble être un frein important. L'autre obstacle est l'absence de référentiels et d'indicateurs standardisés, et de méthodologies unifiées pour la notation des sociétés. De plus, l'ISR implique des approches de long terme. Or, les sociétés de gestion ont plutôt des visions court terme.
Patrick Savadoux souhaite aussi replacer les choses dans son contexte : l'ISR ne représente qu'une infime partie des actifs, et les encours n'auraient pas vraiment augmenté ces dernières années si nous n'avions pas assisté à la conversion de fonds monétaires en fonds ISR, une stratégie parfois contestable. Si les encours restent confidentiels, Patrick Savadoux admet néanmoins que les mentalités ont évolué et que parler d'ISR " ne suscite plus le rire et le mépris" . Et côté investisseurs institutionnels, la mayonnaise semble aussi prendre, à l'image d' Agicam qui travaille au déploiement de l'ISR sur l'ensemble de ses actifs.

info NEWSManagers

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