La gauche vers un troisième mandat présidentiel en Uruguay

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par Malena Castaldi MONTEVIDEO, 28 novembre (Reuters) - Le candidat de gauche et ancien président Tabare Vazquez est favori pour l'emporter sur son rival de centre droit dimanche au second tour de l'élection présidentielle en Uruguay et succéder à son allié Jose Mujica à la tête de l'Etat sud-américain. Tabare Vazquez, 74 ans, chef de l'Etat entre 2005 et 2010, est donné largement vainqueur par les sondages sur Luis Lacalle Pou, du Parti national, avec une avance d'environ 15 points. Cette victoire attendue donnera au Front élargi, la coalition de gauche au pouvoir, son troisième mandat présidentiel consécutif dans ce pays sud-américain de 3,4 millions d'habitants. L'affection que porte une bonne partie de la population au président sortant Jose Mujica, à laquelle s'ajoute une décennie de forte croissance économique (+5,7% en moyenne), a facilité la tâche de Vazquez pendant la campagne. Tabare Vazquez lui-même est resté populaire pour avoir créé des emplois et réduit la pauvreté pendant son premier mandat, par la mise en oeuvre d'une politique économique libérale accompagnée de programmes sociaux. La loi ne l'autorisant pas à briguer un second mandat, son allié Jose Mujica lui avait succédé en 2010. En quittant son poste, Vazquez jouissait d'une cote de popularité de 70%. Jose Mujica, populaire grâce à son style de vie modeste, a gouverné dans la continuité tout en mettant à rude épreuve l'électorat conservateur avec des réformes libérales, dont la légalisation de l'avortement, du mariage homosexuel et de la production et du commerce de cannabis. Tabare Vazquez, qui s'était opposé à la légalisation de l'IVG pendant son premier mandat, est considéré comme plus prudent sur les questions de société. Il est toutefois favorable au projet de légalisation du cannabis, rejeté par deux tiers des Uruguayens selon les enquêtes d'opinion. Son adversaire Luis Lacalle Pou, un avocat de 41 ans, a promis d'abroger cette loi sur le cannabis, dont les modalités d'application sont en discussion, s'il est élu. Il a également axé sa campagne sur le changement en accusant Vazquez de préparer sans le dire des hausses d'impôts, indispensables selon lui s'il veut honorer ses promesses de dépenses accrues en faveur de l'éducation ou des familles. Mais son score décevant du premier tour (31% contre 46% à Vazquez) en dépit de sondages prometteurs pendant la campagne, a fait perdre espoir à ses partisans. (Mathilde Gardin et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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  • bordo le vendredi 28 nov 2014 à 08:41

    Les malheureux urugayens...