La gauche suédoise vers une courte victoire aux législatives

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(Avec sondages à la sortie des urnes) par Simon Johnson et Daniel Dickson STOCKHOLM, 14 septembre (Reuters) - L'opposition de centre-gauche a remporté une courte victoire aux élections législatives de dimanche en Suède, après huit années de gouvernement de centre-droit, mais elle n'a pas obtenu la majorité absolue, indiquent les premiers sondages à la sortie des urnes. Le Parti social-démocrate et ses alliés écologistes et du Parti de gauche auraient rassemblé entre 44% et 44,8% des voix, contre 39,7% à 43% à la coalition du Premier ministre sortant, Fredrick Reinfeldt, selon des sondages pour les chaînes télévisées TV4 et SVT. Le parti de l'Initiative féministe, qui a indiqué qu'il soutiendrait un gouvernement de centre-gauche, atteindrait de son côté la barre de 4% des suffrages, le seuil requis pour avoir des élus au Parlement. Il avait créé la surprise aux élections européennes de mai dernier en remportant plus de 5%. Les Démocrates suédois, un parti d'extrême droite anti-immigration, obtiendraient pour sa part entre 8,3% et 10,5%, doublant pratiquement son score par rapport au précédent scrutin, il y a quatre ans. S'ils se confirment, ces résultats devraient permettre au chef du Parti social-démocrate, Stefan Lofven, qui a promis de consacrer 40 milliards de couronnes (4,3 milliards d'euros) à la création d'emplois, à l'éducation et aux dépenses sociales, de former le prochain gouvernement. Les sociaux-démocrates ont obtenu 31,1% des voix, selon le sondage de la chaîne publique SVT. Outre les écologistes et le Parti de gauche, Stefan Lofven pourrait essayer de s'appuyer sur de petites formations libérale et centriste qui appartenaient à la majorité sortante, même si ces dernières ont rejeté par avance l'hypothèse d'un cabinet élargi. FORMATION DU GOUVERNEMENT COMPLIQUÉE "La situation suggère un processus très complexe de formation du gouvernement", a souligné Magnus Hagevi, professeur de science politique à l'université Linnaeus, avant même la fermeture des bureaux de vote. Les enquêtes d'opinion réalisées avant le scrutin témoignaient d'une lassitude de l'électorat après les huit années de gouvernement Reinfeldt, qui a mis fin en 2006 au règne quasi ininterrompu des sociaux-démocrates depuis les années 1930. Au cours de ses deux mandats, les impôts ont été réduits de 14 milliards d'euros environ, faisant passer les prélèvements obligatoires de 49 à 45% du PIB, mais l'Etat providence s'est affaibli, le chômage a progressé à 8%, frappant particulièrement les jeunes et les immigrés, l'enseignement a souffert et une partie de l'électorat apprécie peu l'implication croissante du secteur privé dans le domaine de la santé. Les partis de gauche, qui ont avancé en ordre dispersé, ne semblent pourtant pas avoir pleinement exploité les faiblesses du gouvernement sortant. L'extrême droite, qui réclame une réduction de 90% du nombre de demandeurs d'asile admis en Suède, a en revanche capitalisé sur la grogne populaire en doublant son score, selon les sondages à la sortie des urnes. Un résultat qui illustre le rejet par une partie de la société de la Suède comme "superpuissance humanitaire", selon l'expression de Fredrick Reinfeldt. (Henri-Pierre André, Jean-Stéphane Brosse et Tangi Salaün pour le service français)

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