La gauche suédoise en passe de revenir au pouvoir, mais sans majorité

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(Actualisé avec commentaires du chef de file des sociaux-démocrates et du Premier ministre sortant) par Anna Ringstrom STOCKHOLM, 13 septembre (Reuters) - A la veille des élections législatives de dimanche en Suède, l'opposition de gauche est donnée en tête des intentions de vote mais, avec moins de six points d'avance sur la coalition de droite au pouvoir, elle ne semble pas en état d'obtenir la majorité absolue au Parlement. En l'état du rapport de forces mesuré par les instituts de sondage, les sociaux-démocrates de l'ancien syndicaliste Stefan Lofven, les écologistes et le Parti de gauche disposeraient de davantage d'élus que la coalition sortante. Mais ils pourraient être à la merci d'un vote commun entre les députés de l'alliance du Premier ministre sortant, Fredrick Reinfeldt, et les Démocrates suédois (extrême-droite), même si le chef du gouvernement sortant a exclu toute coopération avec un parti qui réclame une réduction de 90% du nombre de demandeurs d'asile admis en Suède. "La situation suggère un processus très complexe de formation du gouvernement", note Magnus Hagevi, professeur de science politique à l'université Linnaeus. Un sondage Sifo publié samedi par le quotidien Svenska Dagbladet crédite les trois partis d'opposition (sociaux-démocrates, Verts et Parti de gauche) de 45,7% des intentions de vote contre 40% pour l'alliance formée autour de Reinfeldt par les Modérés, le Parti du centre, les libéraux et les chrétiens-démocrates. Pour la chaîne TV4, l'institut de sondage Novus table même sur un écart encore plus étroit, avec 45,8% pour les trois partis de gauche mais 40,5 pour l'alliance de Reinfeldt. Les Démocrates suédois sont mesurés entre 9,6 et 10,3%. L'Initiative féministe (FI), parti féministe ancré à gauche qui avait créé la surprise aux élections européennes en remportant plus de 5% en mai dernier, serait à 3% ou 3,3%, sous le seuil des 4% nécessaire à une représentation parlementaire. LASSITUDE "L'écart qui nous sépare est encore conséquent", a commenté Stefan Lofven. "J'ai toujours dit que cela serait bien plus serré qu'il n'y semblait il y a quelques temps", a-t-il ajouté. Les instituts de sondage, qui donnaient au printemps quinze points d'avance à la gauche, témoignent d'une lassitude de l'électorat après les huit années de gouvernement Reinfeldt, qui a mis fin en 2006 au règne quasi-ininterrompu des sociaux-démocrates suédois. Au cours de ses deux mandats, les impôts ont été réduits de 14 milliards d'euros environ, faisant passer les prélèvements obligatoires de 49 à 45% du PIB, mais l'Etat providence s'est affaibli, le chômage a progressé, l'enseignement a souffert et une partie de l'électorat apprécie peu l'implication croissante du secteur privé dans le domaine de la santé. Les partis de gauche, qui avancent en ordre dispersé, ne semblent pourtant pas avoir pleinement exploité les faiblesses du gouvernement sortant. Stefan Lofven, dont le Parti social-démocrate (SDP) sera vraisemblablement le premier parti du pays avec 30% environ des intentions de vote, n'a pas clairement annoncé avec quelles formations il gouvernerait, même s'il qualifie les écologistes de "partenaire naturel" et que le Parti de gauche se dit prêt de son côté à soutenir le projets de loi, notamment le budget. "Nous allons nous battre jusqu'à la dernière minute", a promis Fredrick Reinfeldt. (avec Simon Johnson; Henri-Pierre André pour le service français)

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