La gauche du PS maintient la pression sur François Hollande

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PARIS (Reuters) - Les divergences entre François Hollande et la gauche du Parti socialiste subsistent avec une mise en garde adressée par Henri Emmanuelli contre un programme jugé trop marqué par l'austérité, malgré le rappel à l'ordre du candidat à la présidentielle.

Le député des Landes, déjà en pointe mercredi lors d'une réunion du PS qui a donné lieu à une passe d'armes entre l'aile gauche du PS et son candidat, maintient la pression dans une interview publiée jeudi par le journal Le Monde.

"Si nous gagnons, ce ne sera pas facile, dit-il. Mais la campagne ne peut se réduire à une course à l'austérité entre droite et gauche. Même si on ne peut pas tout faire, on doit dire qu'on va essayer."

En visite à Nantes, François Hollande qu'il ne tolérerait "aucun écart de langage" dans son camp.

"Aujourd'hui il y a un but qui doit être celui de tous : gagner, permettre le changement. Donc je ne tolérerai aucun écart de langage qui s'écartera de ce principe, c'est trop important", a-t-il dit devant la presse.

"Cela veut dire que les uns et les autres doivent avoir ce seul souci : faire gagner la gauche", a-t-il ajouté.

François Hollande devrait dévoiler dimanche, lors d'un discours au Bourget, en région parisienne, les grandes lignes d'un programme dont Laurent Fabius a laissé entendre jeudi qu'il serait à la fois ambitieux et équilibré.

Les proches du candidat ont déjà expliqué que les premiers mois de son quinquennat seraient consacrés à la réduction de l'endettement, la redistribution des fruits de cette politique étant réservée à la seconde partie du mandat.

EMMANUELLI INSISTE

"Pour gagner, il faut susciter un minimum d'espérance, estime pour sa part Henri Emmanuelli. Notre rôle est de redonner un peu d'espoir."

François Hollande a adressé mercredi une "sévère mise au point" à ses troupes après des critiques de l'aile gauche du parti sur les 60.000 emplois que le candidat du PS compte créer dans l'éducation s'il arrive au pouvoir en mai prochain.

Plusieurs élus socialistes, dont le porte-parole du parti Benoît Hamon et Henri Emmanuelli, avaient demandé des précisions après des propos du député Jérôme Cahuzac affirmant que les postes dans l'éducation serait créés à effectif global constant pour la fonction publique d'Etat.

François Hollande a précisé ensuite sa position en expliquant mercredi au Monde qu'il y avait actuellement "60.000 départs à la retraite dans la fonction publique d'Etat" par an et en confirmant que le Parti socialiste reviendrait sur la politique de non remplacement d'un départ en retraite sur deux.

"30.000 (postes) ne sont pas remplacés aujourd'hui. C'est sur cette enveloppe que nous prendrons les 12.000 postes", a-t-il ajouté, en référence à la création de 12.000 postes par an pendant cinq ans pour atteindre 60.000.

"La responsabilité doit être partagée, insiste Henri Emmanuelli. Nous ne devons pas découvrir des interprétations nouvelles de telle ou telle mesure qui posent problème."

Pour lui, la création nette de 60.000 emplois dans l'éducation est "indispensable".

Patrick Vignal, avec Elizabeth Pineau à Nantes, édité par Yves Clarisse

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  • dhote le jeudi 19 jan 2012 à 13:50

    D'accord avec l'analyse de "pottierg"j'y ajoute une épine supplémentaire 60 députés verts pratiquement ingouvernables, des troublions professionnels.

  • pottierg le jeudi 19 jan 2012 à 13:22

    Si ça continue comme ça, on aura fin juin un président de gauche, F. Hollande, et une Assemblée à majorité UMP, bref une France ingouvernable en plein milieu de la tempête !Le 22 avril et le 6 mai, ne votons pas pour le candidat dont on rêve, mais pour le "moins mauvais", bref votons utiles !