La gauche anti-Hollande unie dans les mots, pas encore dans les actes

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    * Les "frondeurs" appellent à une primaire de toute la 
gauche 
    * La rivalité Hamon-Montebourg perdure 
    * A La Fête de l'Humanité, Laurent veut croire à une 
convergence 
    * Valls met en garde contre des "chicaneries irresponsables" 
 
    PARIS, 11 septembre (Reuters) - La gauche anti-Hollande a 
plaidé durant le week-end pour une seule candidature alternative 
à l'élection présidentielle, mais la dispersion des ambitions 
fragilise un peu plus encore le projet d'une "grande primaire de 
toute la gauche". 
    Le Premier ministre, Manuel Valls, a dénoncé dimanche un 
processus "irresponsable", des "chicaneries", de "petites 
manoeuvres", de "petites ambitions". 
    Invité du "Grand Rendez-Vous" Europe 1-Les Echos-iTELE, il a 
mis en garde cette "gauche divisée, fracturée, dont le seul 
objectif est de savoir comment empêcher François Hollande d'être 
candidat ou de le battre à la primaire". "Face à l'extrême 
droite, on ne participe pas à la division", a-t-il dit. 
    Réunis à La Rochelle (Charente-Maritime), les "frondeurs" de 
l'aile gauche du Parti socialiste ont plaidé pour la convergence 
et le rassemblement sans perdre l'espoir que les prétendants à 
l'Elysée, Benoît Hamon, Marie-Noëlle Lienemann, Gérard Filoche, 
Arnaud Montebourg, trouvent un terrain d'entente d'ici la 
primaire du PS et de "Belle Alliance populaire" en janvier. 
    Le mouvement "A Gauche pour gagner" a adopté samedi un appel 
invitant le Parti communiste, Europe Ecologie-Les Verts (EELV) 
et Jean-Luc Mélenchon, candidat de "La France insoumise", à 
participer à une primaire unique, perspective qu'ils rejettent. 
    "Il y a la primaire de la droite, il doit y avoir la 
primaire de la gauche, pas une primaire réservée aux socialises 
mais très largement à l'ensemble des citoyens qui se retrouvent 
dans les valeurs de la gauche", a expliqué le député PS 
Christian Paul, l'un des chefs de file des frondeurs. 
         
    MONTEBOURG POUR "UN DÉBAT AMPLE" 
    "C'est justement pour éviter l'éclatement de la gauche qu'il 
faut cette primaire", a-t-il poursuivi sur BFM TV tout en visant 
les ex-ministres tentés par la présidentielle -- Hamon, 
Montebourg et Emmanuel Macron -- "qui ont défendu les politiques 
menées au cours des deux ou trois dernières années". 
    L'ancien ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, sans 
lever l'ambiguïté sur le cadre de sa candidature, a dit son 
soutien à "un processus de rassemblement" pour éviter "une 
élimination programmée" de la gauche et "un 21 avril puissance 
20", en référence à l'élimination du candidat de gauche (Lionel 
Jospin) dès le premier tour de la présidentielle de 2002. 
    "C'est un processus de rassemblement et j'en prends toute ma 
part. Nous pouvons parfaitement nous unir à travers un processus 
de discussion commun", a-t-il déclaré à des journalistes. 
    "Le bénéfice de la primaire, c'est d'abord un débat ample 
qui permettra de tirer les leçons de l'échec du quinquennat, qui 
nous permettra de réinventer le chemin du futur", a-t-il ajouté 
sans plus d'indices sur ses intentions. 
    Le Parti socialiste doit arrêter début octobre les modalités 
de la primaire des 22 et 29 janvier. 
    L'ancien ministre de l'Education Benoît Hamon fait valoir sa 
détermination face à Arnaud Montebourg, favorisé par les 
sondages, de même que l'ancien inspecteur du Travail Gérard 
Filoche et Marie-Noëlle Lienemann. 
    "En démocratie, il n'y pas qu'une candidature", a-t-il dit à 
la presse. 
     
    "ENFANTILLAGES" 
    "C'est normal, quand la gauche est aussi déboussolée, qu'on 
ait des vrais débats et que le juge de paix, ce ne soit pas un 
petit appareil, une petite fraction d'appareil, une assemblée 
générale, mais le peuple dans des primaires de toute la gauche", 
a-t-il ajouté. 
    En écho, le secrétaire national du Parti communiste, Pierre 
Laurent, avait plaidé pour une primaire de toute la gauche et 
des écologistes lors de La Fête de l'Humanité, à La Courneuve 
(Seine-Saint-Denis), qui marque la rentrée politique du PC. 
    "Oui, nous avons des différences, mais nous avons tellement 
de choses en commun que nous devons valoriser", a-t-il lancé. 
    Le parti devrait se prononcer en novembre sur sa stratégie 
pour 2017. Les écologistes organisent pour leur part leur propre 
primaire. 
    Dans le même registre que Manuel Valls, le conseiller 
régional d'Ile-de-France Julien Dray, proche de François 
Hollande, a exhorté dimanche les détracteurs du chef de l'Etat à 
cesser leurs "enfantillages". 
    A la question de savoir dans quel cas de figure François 
Hollande ne briguerait pas un nouveau mandat (il doit faire 
connaître son choix d'ici à la fin de l'année), Julien Dray a 
répondu : "Un éclatement de la gauche qui fait que dès le départ 
elle est condamnée dans cette élection présidentielle". 
    "De quoi on parle dans une élection présidentielle? On ne 
parle pas de la carrière de Monsieur ou de Madame, on parle de 
la vie des gens", a-t-il lancé. 
 
 (Sophie Louet) 
 
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