La garde à vue de Guéant dans l'affaire Tapie reprendra mardi

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LA GARDE À VUE DE CLAUDE GUÉANT INTERROMPUE POUR RAISONS MÉDICALES
LA GARDE À VUE DE CLAUDE GUÉANT INTERROMPUE POUR RAISONS MÉDICALES

PARIS (Reuters) - Claude Guéant a été autorisé lundi soir à rentrer chez lui pour raisons médicales, mais sa garde à vue dans le cadre de l'enquête sur l'arbitrage dont a bénéficié Bernard Tapie en 2008 reprendra mardi matin, a-t-on appris de source proche de l'enquête.

La justice cherche à savoir si l'ancien secrétaire général de l'Elysée a favorisé, lorsqu'il était le plus proche collaborateur de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, l'arbitrage controversé qui a soldé le litige opposant Bernard Tapie au Crédit lyonnais sur la revente d'Adidas.

Gilles August et Jean-Pierre Martel, deux anciens avocats du Consortium de réalisation (CDR), structure créée en 1995 pour gérer le passif du Crédit Lyonnais après sa quasi-faillite, ont également été placés en garde à vue lundi et doivent être confrontés mardi, a-t-on indiqué de même source.

Selon une enquête publiée en septembre dernier par Libération, Claude Guéant "a été le destinataire de nombreuses demandes d'intervention de Bernard Tapie depuis 2005", lorsqu'il officiait sous les ordres du ministre de l'Intérieur puis du président Sarkozy.

Les juges estiment que "les investigations ont confirmé son implication personnelle dans le suivi du dossier", toujours selon le quotidien.

Mais Claude Guéant avait auparavant clamé son innocence, affirmant: "L'Elysée était au courant mais c'est le ministère des Finances qui a décidé."

Pour Bernard Tapie, il a joué un simple rôle de facteur.

En avril dernier, deux des juges-arbitres qui ont tranché en faveur de l'homme d'affaires, l'ex-président du Conseil constitutionnel Pierre Mazeaud et l'avocat Jean-Denis Bredin, ont été placés sous le statut de témoin assisté.

Le troisième, Pierre Estoup, a été mis en examen en mai 2013 pour escroquerie en bande organisée.

Bernard Tapie, son avocat Maurice Lantourne, Stéphane Richard, PDG d'Orange ORAN.PA et ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde au ministère de l'Economie, et Jean-François Rocchi, ancien président du CDR, ont également été mis en examen du même chef.

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a pour sa part été placée sous le statut de témoin assisté dans le volet de l'affaire porté devant la Cour de justice de la République, seule compétente pour juger les délits commis par des membres de gouvernement dans l'exercice de leurs fonctions.

Un tribunal arbitral a condamné en juillet 2008 le CDR à verser à Bernard Tapie 285 millions d'euros d'indemnités, dont 45 millions à titre de préjudice moral (403 millions d'euros avec les intérêts).

Un recours en annulation déposé par l'Etat contre cet arbitrage a récemment été déclaré irrecevable. Plusieurs autres recours sont toujours pendants devant la justice.

(Nicolas Bertin, avec Chine Labbé)

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