La Gambie va quitter la Cour pénale internationale

le
0
    ABIDJAN, 26 octobre (Reuters) - Le gouvernement gambien a 
annoncé mardi son retrait de la Cour pénale internationale 
(CPI), accusant la juridiction de passer sous silence les 
"crimes de guerre" des pays occidentaux pour ne poursuivre que 
les pays africains. 
    La décision du petit pays d'Afrique de l'Ouest, dont le 
président Yahya Jammeh avait sollicité la Cour pour enquêter sur 
la mort de migrants africains en Méditerranée, fait suite à 
l'annonce vendredi de l'Afrique du Sud, qui a décidé de se 
retirer du tribunal de La Haye.   
    "Cette action est justifiée par le fait que la CPI, malgré 
son nom de Cour pénale internationale, est en fait un tribunal 
international caucasien pour la persécution et l'humiliation des 
personnes de couleur, en particulier les Africains", a déclaré à 
la télévision nationale le ministre de l'Information, Sheriff 
Bojang.     
    L'annonce de la Gambie augmente la pression qui pèse sur la 
CPI, accusée de poursuivre un programme néo-colonialiste en 
Afrique. Neuf de ses dix enquêtes actuelles concernent le 
continent africain. 
    Selon la déclaration des autorités de Gambie, dont la 
population représente une proportion importante des migrants 
africains qui tentent de rejoindre l'Europe, le gouvernement a 
tenté de traduire l'Union européenne devant le tribunal de La 
Haye pour la mort de milliers de migrants en Méditerranée, mais 
n'a pas obtenu de réponse. 
    Le Burundi a déjà prévenu de son projet de quitter la Cour 
et le Parlement kényan examine cette possibilité. 
    Créée par le traité de Rome en 1998 et active depuis 2002 et 
composée de 124 Etats membres, la CPI, qui siège à La Haye, est 
la première juridiction jouissant d'une compétence 
internationale permanente pour juger les cas de génocide, de 
crimes contre l'humanité et de crimes de guerre. 
    Pour se retirer du traité de Rome, un pays doit en informer 
le secrétaire général de l'Onu. Son retrait prend officiellement 
effet un an plus tard. 
 
 (Joe Bavier; Julie Carriat pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant