La galère des jeunes pour se loger

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Faibles revenus, postes instables ou problèmes de garanties: les jeunes cumulent les handicaps sur le marché du logement et leur situation est loin de s'améliorer.

Magali a 24 ans et malgré son CDD qui lui rapporte 1600 euros nets par mois, elle a toutes les peines du monde à se loger à Paris. Ses recherches, notamment par le biais d'agences immobilières, se soldent régulièrement par un refus.

Avec la loi Boutin, qui a pourtant été conçue pour éviter de demander aux locataires de trop nombreuses garanties, elle se trouve même purement et simplement exclue de nombreuses offres. Ce texte empêche en effet les propriétaires de réclamer un garant s'ils ont souscrit une garantie loyers impayés. Et ce genre d'assurance est réservé au locataire gagnant au moins trois fois le montant du loyer.

Dans le cas de Magali, elle pourrait donc prétendre à un loyer maximal de 530 euros... Soit une quinzaine de mètre carrés dans l'un des coins les moins recherchés de la capitale. Il existe bien une autre assurance, la «garantie des risques locatifs», GRL, qui est utilisable dès que le locataire gagne le double du loyer, mais cette formule peine à s'installer.

À 30 ans, les problèmes demeurent

Cette course d'obstacles vers le logement, l'Anil (Agence nationale pour l'information sur le logement) en a fait récemment le thème central de son assemblée générale: «Jeune cherche logement désespérément». «Les jeunes cumulent les difficultés de ceux qui s'en tirent le plus mal sur le marché du logement: ils ont des revenus faibles voire inexistants, des problèmes de garantie, une forte mobilité, rappelle Bernard Vorms, directeur de l'Anil. Et pour ne rien arranger, il y a trop peu de biens sur le marché correspondant à ce que recherchent les jeunes.»

Le problème est d'autant plus préoccupant que l'on est «jeune» de plus en plus longtemps. La plupart des études définissent les jeunes adultes comme des individus âgés de 18 à 30 ans voire 35 ans.

En France, ils accèdent toujours plus tardivement à un emploi stable et sont plus touchés par le chômage que les autres. Résultat: leur taux de pauvreté s'accroît et ils allongement progressivement la durée de cohabitation chez leurs parents. En 2006, selon la dernière enquête logement de l'Insee, 46,1% des jeunes de 18 à 30 ans vivaient alors chez leur parents, un chiffre qui a augmenté de 3,5% depuis 1992.

Le secteur privé loge l'essentiel des jeunes

Une enquête plus récente parue en octobre dernier montre qu'en Europe les étudiants français sont parmi ceux qui logent le moins en résidence collective (cité universitaire, foyer de jeunes travailleurs...). Ils ne sont que 11% à bénéficier de ce type de logement contre 13% en Allemagne, 18% en Angleterre ou 36% en Suède. En fait, c'est le secteur privé qui loge l'essentiel des jeunes où ils sont très majoritairement locataires (à 70% pour les personnes seules et 60% pour les couples sans enfants).

Le problème du parc privé, c'est que les petits logements à petit prix y sont rares, ce qui fait monter les prix. À Paris, une étude du Commissariat général au développement durable (CGDD) parue récemment relève ainsi que le mètre carré se loue 32% plus cher pour un studio de 20 m² que pour un studio comparable (caractéristiques et localisation) de 30 m².

Dans ce cas de figure, la colocation peut s'avérer une formule intéressante. «C'est une bonne solution aux plans économique et sociologique, estime René Pallincourt, président de la Fnaim. Simplement, les baux standards ne sont pas très adaptés. Il faudrait des contrats de plus courte durée, permettant de résoudre les problèmes de caution notamment.» En effet, si l'un des colocataires quitte le logement sans dénoncer le bail, son garant pourrait toujours avoir à régler les impayés jusqu'au terme du bail.

En attendant, les jeunes restent aux premières loges des 3 millions de mal-logés recensés en France par l'Insee.

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