La future direction de la CGT entre les mains de son parlement

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* Lepaon propose des proches pour la future direction * Ses détracteurs dénoncent sa méthode et parlent de "putsch" * La commission exécutive vote de justesse * Le "parlement" de la CGT aura le dernier mot mardi par Emmanuel Jarry PARIS, 12 janvier (Reuters) - La commission exécutive (CE) de la CGT a voté de justesse lundi en faveur d'une proposition de nouvelle direction élaborée par son secrétaire général démissionnaire, Thierry Lepaon, qui sera soumise mardi au "parlement" de l'organisation syndicale. Selon des hauts responsables de la CGT, le vote des 56 membres de la CE n'a été acquis que par 28 voix pour, 18 contre et six abstentions. "Ça révèle la difficulté des débats", a déclaré à Reuters un membre du bureau confédéral démissionnaire. "Le bureau proposé ne correspond pas à la diversité des opinions. Les choses vont se jouer demain au comité confédéral national (CCN)", a ajouté ce responsable, selon qui la nouvelle direction proposée pourrait avoir du mal à passer ce cap. Selon un des dix dirigeants pressentis, Alain Alphon-Layre, aujourd'hui responsable confédéral des questions du travail, les dissensions portent moins sur la personne du futur secrétaire général que sur les neuf autres membres du bureau confédéral. Sera proposé mardi au CCN, pour remplacer Thierry Lepaon au poste de numéro un, le secrétaire général de la fédération de la métallurgie, Philippe Martinez, inconnu du grand public et jusqu'ici relativement discret, même s'il était depuis le début de la crise le nom le plus fréquemment avancé. Cet ancien dirigeant syndical du constructeur automobile Renault, âgé d'une cinquantaine d'années, passe pour être l'homme de Thierry Lepaon, ce qui pourrait être un handicap, même s'il s'est finalement rallié aux appels au départ du secrétaire général sous la pression de sa fédération. Il est réputé proche du Parti communiste, plutôt partisan jusqu'ici d'une ligne revendicative plutôt que réformiste, et il est loin de faire l'unanimité au sein de la confédération, selon des cadres ou d'anciens membres de la CGT. Pour les fonctions de trésorier, Thierry Lepaon a proposé une de ses proches, la secrétaire générale de la fédération CGT de la poste et des télécommunications, Colette Duynslaeger. Parmi les huit autres noms figurent Virginie Gensel-Imbrecht, numéro un de la fédération de l'énergie, Grégory Roux, étoile montante de la fédération des cheminots, et l'ex-secrétaire générale de la fédération du Commerce Michèle Chay. Nathalie Metche-Nickles (services publics), les dirigeants d'unions départementales Pascal Debay (Meurthe-et-Moselle) et Christine Carlier (Nord), le coordinateur confédéral Philippe Texier et Alain Alphon-Layre complètent la liste. DISCRÉDIT "S'il s'agit de remettre la CGT sur les rails, l'équipe proposée n'est pas à la hauteur", proteste un ancien de la centrale syndicale, spécialiste des mouvements sociaux, qui juge cette liste marquée par "l'amateurisme" et l'"improvisation". "Ce sont soit des inconnus, soit des gens qui n'ont pas l'expérience ou l'autorité nécessaires pour sortir la CGT de la crise", ajoute-t-il, sous couvert de l'anonymat. Dans une déclaration transmise à la CE, la fédération du commerce juge Thierry Lepaon "complètement discrédité" et lui dénie tout droit de proposer une nouvelle direction. Des révélations sur la rénovation du bureau et du domicile de fonction du successeur de Bernard Thibault et sur l'indemnité qu'il a perçue à son départ de ses précédentes responsabilités ont plongé la centrale syndicale dans une crise sans précédent. Thierry Lepaon a fini par annoncer sa démission, ainsi que celui de l'ensemble du bureau confédéral, le 7 janvier. Mais il a réussi à obtenir d'élaborer la composition d'une nouvelle direction, à la tête d'un petit groupe de travail qui comprend, outre Philippe Martinez, trois cadres réputés proches de lui. Outre le numéro un des métallos, deux membres de ce groupe figurent aussi parmi les noms suggérés pour le nouveau bureau confédéral : Colette Duynslaeger et Philippe Texier. De quoi alimenter les soupçons des détracteurs de Thierry Lepaon, qui lui prêtent la volonté de garder sous son influence la prochaine direction, certains parlant même de "putsch". Statutairement, le CCN doit se prononcer à la majorité des deux tiers. Mais de nombreux secrétaires généraux de fédérations et d'unions départementales au sein de cette instance sont très remontés contre le numéro un sortant. Le vote sur le nouveau secrétaire général et celui sur les neuf autres membres du bureau seront dissociés, précise cependant Alain Alphon-Layre, selon qui il n'est pas exclu, en cas de vote négatif sur ces derniers, que Philippe Martinez soit chargé de constituer une nouvelle équipe. (Edité par Sophie Louet)

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  • janaliz le mardi 13 jan 2015 à 08:20

    Le politburo reprend la main ?

  • M8252219 le lundi 12 jan 2015 à 15:12

    tentative d'étouffement d'affaires!!!!!!!