La frustration des familles des victimes de Mohamed Merah

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VERS LE MAINTIEN EN DÉTENTION DU FRÈRE DE MOHAMED MERAH
VERS LE MAINTIEN EN DÉTENTION DU FRÈRE DE MOHAMED MERAH

PARIS (Reuters) - Les familles des trois militaires tués par Mohamed Merah ont exprimé lundi leur "très grande frustration" quant à l'avancement de l'enquête sur les sept crimes commis il y près d'un an par ce Français se réclamant d'Al Qaïda.

Elles ont été reçues par les juges antiterroristes en charge du dossier, qui verront mardi les familles des quatre personnes tuées dans une école juive de Toulouse.

"Je ne suis pas satisfaite", a dit, en larmes, la mère de Mohamed Legouad, l'un des soldats tués. "On n'a rien trouvé du tout", a-t-elle ajouté à l'issue d'un entretien d'un peu plus de deux heures avec les magistrats instructeurs.

Le procureur de Paris a demandé le maintien en détention d'Abdelkader Merah, le frère du tueur, et les juges détiennent assez d'éléments pour le mettre en cause pour complicité, a annoncé lundi Me Olivier Morice, avocat de la famille Legouad.

Mais la justice cherche toujours à identifier un "troisième homme", a-t-il indiqué, précisant que "de très nombreuses investigations" ont été sollicitées par les juges.

Des commissions rogatoires ont été lancées au Pakistan, en Israël et en Egypte pour déterminer avec précision le périple de l'assassin, a déclaré l'avocate de la famille Ibn Ziaten.

"Une orientation sur le plan international, ce n'est pas innocent, parce qu'il est important de savoir quel a été le parcours de Mohamed Merah", a estimé sur BFM TV Me Marc Bensimhon, autre défenseur de la famille d'un soldat tué.

"TRÈS GRANDE FRUSTRATION"

Mais malgré ces éléments nouveaux, pour les familles, cette rencontre, qualifiée de "technique" par Albert Chennouf, père d'un soldat, n'a pas répondu à la question principale, celle des dysfonctionnements policiers apparus lors de l'affaire.

Un rapport de l'Inspection générale de la police dévoilé en octobre a reproché à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) d'avoir failli dans l'évaluation de la dangerosité de Mohamed Merah avant les tueries de Toulouse et Montauban.

"Les familles ne comprennent pas, n'admettent pas que Mohamed Merah n'ait pu être interpellé vivant, (...) et elles n'ont toujours pas d'explication, y compris aujourd'hui auprès des juges d'instruction, sur les dysfonctionnements graves qui ont eu lieu, et qui ont empêché cette interception", a déclaré à la presse Me Olivier Morice.

"Même si les familles sont très respectueuses et reconnaissantes du travail qui est fait par les magistrats instructeurs, elles ont le sentiment aussi qu'au niveau des services de l'Etat, notamment du ministère de l'Intérieur, mais aussi de la Défense, tout n'a pas été déclassifié", a-t-il dit.

Manuel Valls leur avait promis fin janvier d'examiner à nouveau tous les documents susceptibles d'être déclassifiés.

Une enquête préliminaire, confiée à l'Inspection générale de la police nationale, a récemment été ouverte par le parquet de Paris après le dépôt d'une plainte visant notamment les services de renseignement français.

Chine Labbé, édité par Yves Clarisse

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