La fronde policière s'étend en France

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    * Troisième nuit de manifestations à Paris et en province 
    * Les policiers jugent insuffisants les gestes du 
gouvernement 
    * Un "Grenelle de sécurité" dans chaque département 
 
    PARIS, 20 octobre (Reuters) - Des policiers ont manifesté 
pour la troisième nuit consécutive à Paris et dans plusieurs 
villes de province, malgré des gestes d'apaisement du 
gouvernement mercredi, pour réclamer notamment des renforts et 
des moyens. 
    Parti de l'Essonne lundi soir, ce mouvement de protestation 
inédit fait suite à une attaque au cocktail Molotov dans ce 
département le 8 octobre, à Viry-Châtillon, qui a grièvement 
blessé deux policiers, dont un est toujours hospitalisé à Paris. 
    Malgré des réunions de concertation avec le ministre de 
l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, et le ministre de la Justice, 
Jean-Jacques Urvoas, plusieurs centaines de policiers se sont de 
nouveau rassemblés à Paris dans la nuit de mercredi à jeudi, 
place de la République puis sur les Champs-Elysées, en scandant 
pour certains des slogans hostiles à leur ministre de tutelle. 
    La fronde s'étend en province avec des manifestations 
spontanées à Marseille, Nice, Toulouse, Nancy, Bordeaux, 
notamment. 
    Pour tenter de reprendre la main sur un mouvement lancé hors 
de tout cadre syndical, le syndicat Unité SGP police FO a appelé 
à une "marche de la colère policière et citoyenne" le 26 octobre 
à Paris et en province. 
    Bernard Cazeneuve et Jean-Jacques Urvoas ont assuré de leur 
compréhension et leur soutien les représentants des policiers 
qui s'indignent de la dégradation de leurs conditions de travail 
et des violences à leur encontre.  
     
    PLAN SÉCURITÉ 
    Le ministre de l'Intérieur, qui a affirmé avoir répondu à 
plusieurs des revendications policières depuis le début du 
quinquennat, a annoncé qu'une concertation avec les personnels 
de la police nationale débuterait lundi dans chaque département. 
    Un "plan sécurité publique dédié aux policiers et aux 
gendarmes" sera annoncé en novembre. 
    Le garde des Sceaux s'est engagé pour sa part à transmettre 
aux organisations syndicales "les chiffres sur la réalité de la 
réponse pénale concernant les atteintes aux personnes 
dépositaires de l'autorité publique". 
    Il a également promis "la généralisation du recours à un 
système d'identification par matricule, actuellement restreint 
aux seules affaires terroristes, afin que le nom des officiers 
et agents de police judiciaire n'apparaisse plus dans les 
procès-verbaux, ce qui permettra de renforcer leur sécurité". 
    Les syndicalistes ont fait part de leur déception à l'issue 
des réunions, estimant que leurs revendications étaient loin 
d'être satisfaites. 
    Bernard Cazeneuve a également assuré que les policiers, 
théoriquement soumis au devoir de réserve, ne s'exposeraient pas 
à "un cycle de sanctions" après le rappel à l'ordre, mardi, du 
directeur général de la politique nationale, Jean-Marc Falcone. 
    Une enquête a été confiée à l'Inspection générale de la 
police nationale afin de "préciser les manquements individuels 
aux règles statutaires". 
     
    "LA VIE EST DURE POUR EUX" 
    "C'est normal que les mecs aient les boules, c'est normal 
qu'ils aient peur et c'est normal qu'on doive les protéger", a 
réagi jeudi sur RTL le député socialiste de l'Essonne, Malek 
Boutih. 
    "La vie est dure pour eux. Les voyous dont il est question, 
ce ne sont pas seulement des délinquants, ce sont des gens dont 
je rappelle qu'une partie d'entre eux aident les terroristes qui 
assassinent des Français, des policiers", a-t-il ajouté. 
    Il a souhaité que la classe politique "arrête de 
caricaturer" les policiers en allusion aux propos du premier 
secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, qui 
a dénoncé mercredi "la patte" du Front national dans les 
manifestations. 
    Sur Europe 1, Nicolas Sarkozy a dit "comprendre" les 
policiers mais ne "pas approuver les violences, notamment sur la 
voiture du directeur national". Jean-Marc Falcone avait été 
vivement pris à partie mardi soir par des manifestants lors 
d'une visite à Evry (Essonne). 
    "La Cour des Comptes a publié un rapport démontrant qu'en 
décembre 2015, il y avait 868 policiers et gendarmes de moins à 
l'époque de M. Hollande qu'avec moi", a dit l'ancien président, 
auquel l'exécutif socialiste reproche une réduction des 
effectifs policiers. 
    "Ça fait quatre ans et demi qu'ils sont au pouvoir. S'il y 
avait un problème d'effectifs, il n'avait qu'à le régler", 
a-t-il poursuivi. "La sécurité n'est pas un problème 
d'effectifs, c'est d'abord un problème de chaîne pénale", a-t-il 
ajouté. 
 
 (Sophie Louet) 
 
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  • M7163258 il y a un mois

    Je soutiens totalement la police dans leurs demandes de considération: de leur hiérarchie, de la justice, de la population...

  • M8252219 il y a un mois

    Droumaguet OF19/10/16 " Les agresseurs ne se sont pas contentés de brûler des voitures, ils ont délibérément chercher à brûler leurs occupants ..On peut parler de tentative d'assassinat ..cet acte criminel à un caractère barbare .. On se souvient de ce pilote jordanien enfermé dans une cage et brûle vif par les tueurs de Daech. C'est la même barbarie" CASENEUVE LES APPELLE DES SAUVAGEONS!! Un irresponsable au ministère de l'intérieur " Pourquoi ces policiers, qui étaient armés, n'ont pas réagi ?