La fronde policière s'étend

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LES POLICIERS MANIFESTENT POUR LA TROISIÈME NUIT CONSÉCUTIVE
LES POLICIERS MANIFESTENT POUR LA TROISIÈME NUIT CONSÉCUTIVE

PARIS (Reuters) - Des policiers ont manifesté pour la troisième nuit consécutive à Paris et dans plusieurs villes de province, malgré des gestes d'apaisement du gouvernement mercredi, pour réclamer notamment des renforts et des moyens.

Parti de l'Essonne lundi soir, ce mouvement de protestation inédit fait suite à une attaque au cocktail Molotov dans ce département le 8 octobre, à Viry-Châtillon, qui a grièvement blessé deux policiers, dont un est toujours hospitalisé à Paris.

Malgré des réunions de concertation avec le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, et le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, plusieurs centaines de policiers se sont de nouveau rassemblés à Paris dans la nuit de mercredi à jeudi, place de la République puis sur les Champs-Elysées, en scandant pour certains des slogans hostiles à leur ministre de tutelle.

La fronde s'étend en province avec des manifestations spontanées à Marseille, Nice, Toulouse, Nancy, Bordeaux, notamment.

Pour tenter de reprendre la main sur un mouvement lancé hors de tout cadre syndical, le syndicat Unité SGP police FO a appelé à une "marche de la colère policière et citoyenne" le 26 octobre à Paris et en province.

Bernard Cazeneuve et Jean-Jacques Urvoas ont assuré de leur compréhension et leur soutien les représentants des policiers qui s'indignent de la dégradation de leurs conditions de travail et des violences à leur encontre.

PLAN SÉCURITÉ

Le ministre de l'Intérieur, qui a affirmé avoir répondu à plusieurs des revendications policières depuis le début du quinquennat, a annoncé qu'une concertation avec les personnels de la police nationale débuterait lundi dans chaque département.

Un "plan sécurité publique dédié aux policiers et aux gendarmes" sera annoncé en novembre.

Le garde des Sceaux s'est engagé pour sa part à transmettre aux organisations syndicales "les chiffres sur la réalité de la réponse pénale concernant les atteintes aux personnes dépositaires de l'autorité publique".

Il a également promis "la généralisation du recours à un système d’identification par matricule, actuellement restreint aux seules affaires terroristes, afin que le nom des officiers et agents de police judiciaire n’apparaisse plus dans les procès-verbaux, ce qui permettra de renforcer leur sécurité".

Les syndicalistes ont fait part de leur déception à l'issue des réunions, estimant que leurs revendications étaient loin d'être satisfaites.

Bernard Cazeneuve a également assuré que les policiers, théoriquement soumis au devoir de réserve, ne s'exposeraient pas à "un cycle de sanctions" après le rappel à l'ordre, mardi, du directeur général de la politique nationale, Jean-Marc Falcone.

Une enquête a été confiée à l'Inspection générale de la police nationale afin de "préciser les manquements individuels aux règles statutaires".

"LA VIE EST DURE POUR EUX"

"C'est normal que les mecs aient les boules, c'est normal qu'ils aient peur et c'est normal qu'on doive les protéger", a réagi jeudi sur RTL le député socialiste de l'Essonne, Malek Boutih.

"La vie est dure pour eux. Les voyous dont il est question, ce ne sont pas seulement des délinquants, ce sont des gens dont je rappelle qu'une partie d'entre eux aident les terroristes qui assassinent des Français, des policiers", a-t-il ajouté.

Il a souhaité que la classe politique "arrête de caricaturer" les policiers en allusion aux propos du premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, qui a dénoncé mercredi "la patte" du Front national dans les manifestations.

Sur Europe 1, Nicolas Sarkozy a dit "comprendre" les policiers mais ne "pas approuver les violences, notamment sur la voiture du directeur national". Jean-Marc Falcone avait été vivement pris à partie mardi soir par des manifestants lors d'une visite à Evry (Essonne).

"La Cour des Comptes a publié un rapport démontrant qu'en décembre 2015, il y avait 868 policiers et gendarmes de moins à l'époque de M. Hollande qu'avec moi", a dit l'ancien président, auquel l'exécutif socialiste reproche une réduction des effectifs policiers.

"Ça fait quatre ans et demi qu'ils sont au pouvoir. S'il y avait un problème d'effectifs, il n'avait qu'à le régler", a-t-il poursuivi. "La sécurité n'est pas un problème d'effectifs, c'est d'abord un problème de chaîne pénale", a-t-il ajouté.

(Sophie Louet)

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  • frenchto il y a un mois

    bravo les cognes. Faites vous entendre. Il faut secouer cette inertie !!!!

  • M3182284 il y a un mois

    Quand le pays est livré par un gouvernement scélérat aux traîtres vrais papiers faux français. Après la désobéissance policière, la désobéissance fiscale. Les fondements de la nation vont s'écrouler .

  • xk8r il y a un mois

    LOL g.joly1

  • M7361806 il y a un mois

    Un gouvernement qui ne maitrise plus la police doit démissionner !

  • g.joly1 il y a un mois

    Que fait la police pour interpeller ces manifestants armés et cagoulés qui utilisent des véhicules de l'Etat pour défiler illégalement (manifestation non autorisée) sur un parcours (les champs Elysées) où les manifestations sont toujours interdites ?

  • a.lauver il y a un mois

    Je suis d'accord avec la toute derniere phrase : "La sécurité n'est pas un problème d'effectifs, c'est d'abord un problème de chaîne pénale"

  • M999141 il y a un mois

    La gauche a pour habitude d'appeler à la révolte... sauf quand ils sont aux manettes. Là, il y a le partout. Les planètes étaient pourtant alignées: pétrole bas, taux bas ... et au lieu de réformer, ils ont dilapidé nos impôts.Le chômage monte, la dette explose, la révolte gronde, . Ils ont installé la chien_lie.

  • xk8r il y a un mois

    toujours pas d'inversion de la courbe ?

  • rraclot il y a un mois

    Malek Boutih a raison , je n'ai pas peur du front national il sert de faire Valoir aux autres partis.. Ce sont des voyous de tout poil que j'ai peur !! ( je vieillis !)

  • benoitdh il y a un mois

    Un gouvernement lâché et défié par sa Police est un gouvernement foutu dans un état à la dérive!