La France veut préserver ses intérêts à la tête d'Euronext

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LA FRANCE VEUT PRÉSERVER SES INTÉRÊTS À LA TÊTE D'EURONEXT
LA FRANCE VEUT PRÉSERVER SES INTÉRÊTS À LA TÊTE D'EURONEXT

par Alexandre Boksenbaum-Granier et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - Le prochain remplacement de Dominique Cerutti à la tête d'Euronext donne lieu à une négociation impliquant notamment les autorités françaises, qui veulent s'assurer que leurs intérêts nationaux sont préservés, a appris Reuters de plusieurs sources proches des discussions.

Jos Dijsselhof a été nommé directeur général par intérim d'Euronext en mai après le départ de Dominique Cerutti, l'ancien directeur général et président du directoire de l'opérateur, parti pour devenir PDG d'Altran.

"Ce n'est pas forcément une question de nationalité mais de s'assurer que les intérêts français sont préservés", a déclaré à Reuters l'une des sources.

Une autre source française a souligné le poids de la France dans l'actionnariat d'Euronext. D'après des données Thomson Reuters, la Caisse de dépôts détient en particulier 6% du capital du groupe aux côtés de grandes banques françaises comme BNP Paribas (7%) et Société générale (3%).

Selon une des sources proches des discussions, la question de la nomination du successeur de Dominique Cerutti devrait avancer la semaine prochaine ou celle d'après, une autre source indiquant qu'Euronext devrait faire une annonce à ce sujet entre fin août et début septembre.

"C'est quelqu'un qui a une expérience dans le secteur financier correspondant à ce que recherche Euronext", a indiqué cette dernière source au sujet du profil retenu par Euronext.

"UN JEU D'INFLUENCE"

Selon l'une des sources interrogée par Reuters, l'Etat français souhaiterait que Stéphane Boujnah, l'actuel patron de la banque Santander en France, devienne le prochain dirigeant d'Euronext.

Cette information a toutefois été démentie à Reuters par Stéphane Boujnah, tandis que des sources gouvernementales françaises se sont refusées à tout commentaire.

Stéphane Boujnah n'est toutefois pas l'unique nom avancé pour prendre la tête de l'opérateur boursier, de récentes rumeurs de marché et des informations de la presse néerlandaise évoquant qu'Euronext aurait fait de l'actuel dirigeant d'Euronext Amsterdam, Maurice van Tilburg, son favori pour prendre la direction du groupe.

Deux des sources ont cependant déclaré que le choix n'était pas arrêté. "Les jeux ne sont pas faits", a dit l'une d'elles.

"C'est un jeu d'influence dans lequel chacun cherche à placer ses pions", a déclaré une autre source.

Interrogé par Reuters, Euronext n'a souhaité faire aucun commentaire.

De l'aveu de plusieurs personnes en interne, les relations entre les Néerlandais et les Français n'ont jamais été simples depuis la création d'Euronext en 2000 à la suite de la fusion des Bourses d'Amsterdam, Bruxelles et Paris.

Les Néerlandais ont longtemps reproché le poids qu'ils jugent trop important des Français dans l'organigramme de l'opérateur boursier.

Lors de l'introduction en Bourse d'Euronext l'an dernier, un cadre dirigeant d'Euronext avait d'ailleurs indiqué à Reuters que le succès de l'opération dépendrait en grande partie de la capacité des Français et des Néerlandais à aplanir leurs différends.

(Avec Julien Ponthus, Jean-Baptiste Vey et Matthieu Protard, édité par Dominique Rodriguez)

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