La France veut encore croire à un "Ulcos 2" pour Florange

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LA FRANCE VEUT ENCORE CROIRE À UN "ULCOS 2" POUR FLORANGE
LA FRANCE VEUT ENCORE CROIRE À UN "ULCOS 2" POUR FLORANGE

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a assuré jeudi que le projet Ulcos de stockage du CO2 sur le site sidérurgique de Florange verrait bien le jour malgré le retrait de la candidature d'ArcelorMittal d'un premier appel d'offres européen.

Ce retrait, annoncé jeudi par la Commission, avait dans un premier temps donné l'impression que le géant mondial de l'acier se désengageait déjà d'un des points clé de son accord signé avec le gouvernement pour préserver l'emploi à Florange.

Mais "le groupe s'est engagé à poursuivre ce projet et donc à investir dans cette nouvelle phase de recherche, qui s'appuiera sur le centre recherche-développement de Maizières-lès-Metz (le centre de recherche lorrain d'ArcelorMittal-NDLR), a déclaré dans un communiqué Jean-Marc Ayrault.

"La Commission a été informée du renouvellement de l'engagement de l'Etat et d'ArcelorMittal sur ce projet et a indiqué qu'Ulcos pourra concourir à un prochain appel d'offres", a poursuivi le Premier ministre. "L'objectif reste de réaliser un démonstrateur industriel."

"Ulcos 1 est mort, vive Ulcos 2", résumait un conseiller du Premier ministre, malgré le scepticisme des élus locaux et des syndicats du site de Florange.

Jean-Marc Ayrault a été critiqué à la fois par les syndicats -qui réclament une renégociation de l'accord- et par une partie de sa majorité, plusieurs ministres, dont celui du Redressement productif Arnaud Montebourg, défendant l'option d'une nationalisation du site jugée trop coûteuse.

Ces derniers estiment notamment que le gouvernement ne peut pas faire confiance au PDG d'ArcelorMittal Lakshmi Mittal, l'homme d'affaires indien dont le bilan social est régulièrement mis en cause, notamment en France et en Belgique.

PAS DE RENIEMENT, DIT MITTAL

Pour ArcelorMittal, le retrait de l'appel d'offres européen n'est en aucune manière un reniement d'un projet qui serait financé par le groupe, l'Etat et l'Union européenne.

"Ce qui a été annoncé par la Commission européenne est en parfaite cohérence avec ce qui figure dans l'accord signé avec le gouvernement français", a indiqué le groupe dans un communiqué.

"Cela ne signifie en aucun cas l'abandon du projet Ulcos. Cela signifie qu'aujourd'hui, dans l'état actuel des recherches, étant donné les difficultés techniques rencontrées, le projet Ulcos remis dans le cadre de l'appel d'offre NER 300 -phase 1- ne peut être mis en place", indique le numéro un mondial de l'acier.

Mais les élus locaux, qui doivent être reçus ce jeudi par Jean-Marc Ayrault, comme les syndicats, interprètent les choses de manière totalement différente.

"En termes de communication, on s'est fait entuber", a dit Michel Liegbott, député socialiste de Moselle sur BFM TV. "Ce qu'ils disent aujourd'hui, il fallait déjà le dire manifestement il y a six mois ou un an."

Pour Xavier Le Coq, responsable national de la CFE CGC, les cadres, la décision obéit à une certaine logique.

"Ce n'est pas très élégant, mais c'est dans l'analyse que l'on pouvait faire de l'accord signé entre Matignon et ArcelorMittal", a-t-il dit à Reuters.

ULCOS 2 SERAIT ALÉATOIRE

Le retrait de la candidature d'ArcelorMittal obéit, selon lui, à des considérations économiques plus que techniques.

"Les chercheurs à Maizières-lès-Metz nous disent qu'on aurait pu si on avait voulu", a-t-il affirmé à Reuters.

Les problèmes techniques encore en suspens auraient pu être résolus, selon eux, d'ici la réalisation des travaux sur le haut-fourneau, prévus en 2014, voire 2015.

"Si le marché de l'acier était bon, le groupe aurait tout fait pour obtenir le projet Ulcos, mais aujourd'hui, il n'a pas besoin des hauts-fourneaux de Florange", a-t-il ajouté.

De source européenne, on souligne que la Commission doit annoncer le 18 décembre le résultat du premier appel d'offres dans le cadre du projet NER300 dont ArcelorMittal s'est retiré et il se peut qu'aucun projet ne soit retenu à cette date.

Cela permettrait de réutiliser les financements prévus pour un second appel d'offres l'an prochain.

Le scepticisme des syndicats et des élus locaux s'explique par le fait qu'un report de la décision rend le projet très aléatoire, la pérennité de Florange n'étant pas assurée puisque la fermeture des hauts-fourneaux est inéluctable.

La Commission prévoyait de toute manière un deuxième appel d'offres pour financer une deuxième vague de projets de captage de CO2. ArcelorMittal pourrait représenter un nouveau dossier Ulcos dans ce cadre, avec les améliorations techniques évoquées, mais l'échéance serait alors repoussée de plusieurs années.

Un nouvel appel d'offres à la mi-2013 repousserait le début des travaux de deux ans et il faudrait ensuite trois ans pour l'inauguration du projet.

Julien Ponthus, avec Marion Douet et Yves Clarisse, Barbara Lewis à Bruxelles, édité par Yves Clarisse

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  • M5441845 le jeudi 6 déc 2012 à 14:51

    Après les repreneurs, la nationalisation, le maintien du site, Ulcos nous voila a Ulcos2. Bla bla bla bla. Ulcos est un projet purement expérimental qui ne passera peut être (probablement) jamais au stade industriel. C'est un projet de bisounours écolo a la sauce François Hollande. A l'arrivée Florange fermera, ulcos restera un rêve, c'est ainsi, pendant qu'on se focalise sur 600 emplois a Florange, on perle moins de 40 000 chômeurs supplémentaire tous les mois

  • M2280901 le jeudi 6 déc 2012 à 13:51

    pas la France mais son gouvernement de m.........