La France veut asseoir son "leadership" sur le climat

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    * Une feuille de route en 23 axes dévoilée par Hulot 
    * Elle prévoit la fin des voitures à l'essence et au diesel 
    * Et de rendre "irréversible" l'accord de Paris 
 
 (Actualisé avec éléments supplémentaires) 
    par Simon Carraud 
    PARIS, 6 juillet (Reuters) - Nicolas Hulot a dévoilé jeudi 
son "plan climat" en 23 axes, dont la fin à long terme des 
voitures à essence et au diesel, destiné à asseoir un 
"leadership" de la France dans ce domaine et à rendre 
"irréversible" l'accord de Paris noué en 2015. 
    Cette feuille de route mêle de nouvelles annonces à des 
engagements déjà formulés par l'exécutif, comme celui de 
parvenir à la neutralité carbone à l'horizon 2050, qui sont 
censés être applicables très vite pour les mesures les plus 
immédiates et d'ici plusieurs décennies pour d'autres. 
    "Le plan (...) n'est pas une fin en soi. C'est un programme 
qui va se structurer au fil du temps sur les cinq années du 
quinquennat", a déclaré le ministre de la Transition écologique 
lors d'une conférence de presse, à Paris. 
    "Pourquoi ce 'plan climat' ? Pour que la France prenne sa 
part et maintienne ce leadership qu'elle n'a jamais perdu d'un 
gouvernement à l'autre", a-t-il ajouté. 
    Il traduit donc la volonté de la France d'Emmanuel Macron de 
s'ériger en "exemple" dans ce dossier après la décision des 
Etats-Unis de se retirer, sous l'impulsion de Donald Trump, de 
l'accord de Paris sur le climat qui avait permis en 2015 de 
dégager un consensus entre 195 pays. 
    Cette "régression d'un Etat en particulier", selon Nicolas 
Hulot, ne doit pas dissuader les autres de poursuivre leurs 
efforts, la France au premier chef. 
    Le train de mesures dévoilé jeudi doit donc permettre de 
rendre "irréversible" l'accord de Paris, toujours selon le 
ministre de la Transition écologique. 
    Nicolas Hulot a notamment confirmé l'engagement de la France 
à atteindre d'ici 2050 la neutralité carbone, qui consiste à 
équilibrer les émissions de gaz à effet de serre et les 
capacités à absorber du carbone. 
    Au nombre des annonces spectaculaires, figure la fin des 
véhicules diesel et essence à l'horizon 2040 - un objectif 
extrêmement ambitieux au regard de la situation actuelle du 
marché de l'automobile.   
     
    "TROIS GRANDS ABSENTS" 
    "Nous annonçons la fin de la vente des voitures à essence et 
diesel d'ici 2040", a déclaré l'ancien animateur de télévision, 
sans autre précision sur les moyens envisagés pour y arriver. 
    Il s'agit d'"encourager les constructeurs automobiles à 
innover et à devenir leader de ce marché", selon un dossier de 
presse remis aux journalistes.       
    Nicolas Hulot a également annoncé la fin, d'ici 2022, de la 
production d'électricité provenant du charbon, qui représente 
aujourd'hui une part modeste de la production d'électricité dans 
le pays. 
    Egalement au rayon énergétique, il a confirmé que les 
autorités ne délivreraient plus de nouveaux permis d'exploration 
d'hydrocarbures, l'objectif à terme étant d'arriver à la sortie 
progressive de la production d'hydrocarbures à l'horizon 2040.   
           
    Quatre milliards d'euros seront par ailleurs prélevés dans 
le plan d'investissement, d'un montant total de 50 milliards 
d'euros, pour lutter contre la précarité énergétique.  
    Le Réseau action climat s'est félicité de voir dans le plan 
"quelques mesures qui vont dans le bon sens", notamment le 
relèvement de la taxe carbone au-delà de 100 euros la tonne, 
tout en déplorant des points aveugles. 
    "Il y a trois grands absents dans ce plan climat" - "la 
nécessaire fermeture de réacteurs nucléaires", la taxe sur les 
transactions financières au niveau européen et les "puits de 
carbone" permettant d'absorber le carbone de l'atmosphère -, 
écrit l'association dans un communiqué. 
    Emmanuel Macron, qui était resté discret sur ces questions 
durant la campagne électorale, a pris une série d'initiatives 
sur le climat depuis l'annonce de Donald Trump, le mois dernier. 
    Le chef de l'Etat a ainsi promis de défendre devant l'Onu un 
"pacte mondial pour l'environnement" qui servirait de pierre 
angulaire du droit international en la matière.   
 
 (avec Elizabeth Pineau et Benjamin Mallet, édité par Yves 
Clarisse) 
 
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  • 265023 il y a 8 mois

    La France veut asseoir son "leadership" sur le climat, vu le réchauffement elle va se bruler le c..

  • M8637171 il y a 8 mois

    Il faut prendre des mesures écologistes; mais derrière les écologistes se cachent des anti capitalistes. Quel rapport entre les taxes sur les transactions et le climat ?