La France va renforcer ses moyens de renseignement au Sahel

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JEAN-YVES LE DRIAN ANNONCE UN RENFORCEMENT DES MOYENS DE SURVEILLANCE AU SAHEL
JEAN-YVES LE DRIAN ANNONCE UN RENFORCEMENT DES MOYENS DE SURVEILLANCE AU SAHEL

par Marine Pennetier

NIAMEY (Reuters) - Sur la base militaire de Niamey, c½ur névralgique du renseignement du dispositif Barkhane, l'un des deux drones Reaper de l'armée française s'élance sur la piste de décollage, faisant se soulever un léger nuage de sable sur son passage.

Les deux avions de reconnaissance présents sur cette base depuis un an, seront bientôt rejoints par un troisième au mois de mars, portant à cinq le nombre de drones déployés sur la base 101 en comptant les deux Harfang.

"Le troisième Reaper sera opérationnel avant la fin du premier trimestre, c'est-à-dire en mars 2015", a déclaré vendredi le ministre français de la défense Jean-Yves Le Drian lors d'un discours aux troupes françaises déployées à Niamey.

Il a par ailleurs annoncé que la commande de trois Reaper supplémentaires, prévue initialement pour 2016-2017, serait prise en 2015.

La loi de programmation militaire (LPM, 2014-2019) prévoit l'acquisition de 12 Reaper.

3.000 SOLDATS FRANÇAIS MOBILISÉS

Cette annonce vient renforcer le pôle renseignement de l'opération antiterroriste Barkhane lancée début août dans cinq pays de la bande sahélo-saharienne.

Cette opération, qui mobilise quelque 3.000 soldats français, vise à traquer les djihadistes qui se jouent des frontières poreuses et à mettre un frein aux déplacements des trafiquants en tout genre.

Les drones de l'armée française survolent les territoires du Mali et du Niger, à quelque 6.000 mètres d'altitude pour les Reaper, à la recherche de renseignements, pour surveiller des zones ou encore protéger des convois.

"Tout est centralisé à partir (du centre de commandement) de Lyon; c'est eux qui nous transmettent les ordres, donc on sait qu'on va devoir par exemple aller sur la région de Gao de telle heure à telle heure", explique le capitaine Guillaume, pilote de Reaper qui a suivi une formation spécifique aux États-Unis.

"A partir de là il y a un roulement qui va s'effectuer au sein des équipages pour rester sur le site pendant tout le créneau qui peut aller d'une heure à 15 heures."

Depuis le début de Barkhane, 70 djihadistes ont été neutralisés, c'est-à-dire tués ou arrêtés, selon l'armée française. Parmi eux plusieurs cadres de mouvements djihadistes dont un dirigeant du groupe djihadiste al Mourabitoun, Ahmed Tilemsi, tué dans la région de Gao.

Celui-ci était un des membres fondateurs de l'ex-Mujao (Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest) qui a fusionné l'an dernier avec al Mourabitoun.

"Une surveillance à été faite pendant une longue période" à son sujet, a commenté le capitaine Guillaume.

Outre les drones, trois avions de chasse Mirage 2000 sont notamment déployés sur la base militaire de Niamey où se trouvent quelque 400 soldats français.

(Edité par Yann Le Guernigou et Danielle Rouquié)

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  • M7097610 le vendredi 2 jan 2015 à 23:58

    c'est pas grave, c'est l'Etat qui paye !