La France va réexaminer les permis d'exploration d'hydrocarbures

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PARIS (Reuters) - Le ministère français de l'Ecologie va réexaminer l'ensemble des permis d'exploration d'hydrocarbures, y compris ceux qui étaient déjà attribués, dans l'attente d'une refonte du code minier, a déclaré mercredi la ministre française de l'Environnement.

Nicole Bricq, qui a fait suspendre l'attribution à Shell de permis de forages au large de la Guyane, a précisé que d'autres mesures pourraient être prises en concertation avec le ministère du Redressement productif d'Arnaud Montebourg.

"Je remets tout à plat (...), les permis qui ont été accordés, les permis qui ont été déposés et les permis qui sont à l'instruction", a déclaré Nicole Bricq en marge d'une conférence de presse sur le sommet international Rio+20.

"Je prendrai certainement des dispositions en accord parfait avec le ministre du Redressement productif", a également dit la ministre, soulignant que la refonte du code minier qui doit débuter cet été prendra du temps.

Le ministère, qui promet la transparence sur l'attribution des permis d'hydrocarbures, a récemment mis en ligne à destination du public l'intégralité des permis de recherche actuellement autorisés ou en cours d'études en France.

Les permis d'exploitation ne sont pas concernés par cette décision.

Shell, qui s'apprêtait à réaliser de nouveaux forages à 150 kilomètres environ des côtes guyanaises, s'est dit très étonné par cette décision qui ne lui avait pas été annoncée, a dit un porte-parole.

"Nous n'avions pas eu de communication à ce sujet. C'est d'autant plus surprenant que ce projet ne date pas d'hier", a déclaré un porte-parole du groupe.

"On parle d'une opportunité majeure pour la France (...) Notre président avait fait des réunions publiques avec les populations et les élus locaux. Tout était sur les rails. Tout était prêt pour démarrer", a-t-il ajouté.

La ministre de l'Ecologie a précisé qu'elle allait rencontrer le président de Shell France Patrick Romeo plus tard dans la journée de mercredi, pour évoquer ce sujet ainsi que le dossier Petroplus.

Le coût total du projet guyanais, qui réunit Shell (45%), Total (25%) et Hardman Petroleum (27,5%), a été évalué entre 4 et 8 milliards d'euros. Un montant qui pourrait augmenter si les retards d'exploration et d'exploitation s'accumulent, souligne le Monde daté de jeudi.

Le site de Zaedyus, situé à 6.000 mètres de profondeur, pourrait contenir jusqu'à 300 millions de barils de pétrole, selon quotidien.

En Guyane, ces explorations suscitent la crainte des organisations écologistes.

Marion Douet, avec Michel Rose, édité par Yves Clarisse

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