La France va durcir la lutte contre le financement du terrorisme

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    PARIS, 3 décembre (Reuters) - La France va prendre de 
nouvelles mesures contre le financement du terrorisme, en 
supprimant l'anonymat des cartes prépayées et en facilitant les 
gels d'avoirs, et demander un durcissement au niveaux européen 
et international, a annoncé jeudi Michel Sapin. 
    Après une réunion à l'Elysée, le ministre des Finances a 
précisé que la France demanderait l'actualisation d'une 
résolution du Conseil de sécurité de l'Onu et qu'il présenterait 
un texte de loi début 2016 avec la ministre de la Justice. 
    "Des terroristes peuvent faire des dégâts gigantesques, 
d'une violence inouïe (...) avec très peu d'argent : 20.000, 
30.000 euros", a-t-il dit à des journalistes. "C'est grosso modo 
ce dont ont eu besoin les terroristes pour frapper" le 13 
novembre. 
    Pour détecter ces mouvements de fonds "nous devons resserrer 
les mailles du filet". 
    L'objectif est de permettre de geler les avoirs de personnes 
liées au terrorisme : comptes bancaires, biens mobiliers et 
immobiliers et prestations versées par des organismes publics, 
a-t-il dit. 
    L'organisme de lutte contre les trafics financiers Tracfin 
aura accès à davantage de fichiers, a-t-il ajouté, et il faudra 
imposer de prouver son identité pour utiliser des cartes 
prépayées. Ces dernières permettent aujourd'hui des transferts 
internationaux anonymes jusqu'à 2.500 euros, a-t-il souligné. 
    La France fera mardi des propositions lors d'une réunion des 
ministres des Finances européens, a dit Michel Sapin. "Nous 
avons demandé à la Commission d'aller vite parce qu'on ne peut 
plus attendre dans la mise en oeuvre d'un certain nombre de 
mesures." 
    Il s'agit de mettre en oeuvre dès la mi-2016 une directive 
dont l'entrée en vigueur est prévue en juin 2017, a-t-il dit, 
précisant que la France demanderait en outre de compléter cet 
arsenal avec de nouveaux moyens concernant les cartes de 
paiement et les gels d'avoirs. 
    Michel Sapin a rappelé que des décisions avaient déjà été 
prises après les attentats de janvier, comme l'abaissement de 
3.000 à 1.000 euros du montant maximal qu'il est possible de 
payer en espèces et l'intégration à partir de janvier 2016 dans 
le fichier national de comptes Ficoba de certains comptes qui 
n'y figuraient pas.       
 
 (Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse) 
 
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