La France va aider les pays du Sahel dans sa lutte antiterroriste

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    PARIS, 14 mars (Reuters) - Au lendemain d'une nouvelle 
attaque d'Aqmi en Afrique de l'Ouest, la France a réaffirmé 
lundi sa volonté d'aider les pays de la région à se doter de 
capacités antiterroristes, une étape présentée comme la 
troisième phase de l'intervention française dans la bande 
sahélo-saharienne entamée il y a trois ans.  
    L'attaque commise par Al Qaïda au Maghreb islamique dimanche 
contre une station balnéaire prisée de Côte d'Ivoire est la 
dernière d'une série ayant ciblé des lieux fréquentés par les 
étrangers, après celles de Bamako au Mali et Ouagadougou au 
Burkina Faso en novembre et janvier derniers.  
    La multiplication de ce modus operandi pose question à 
l'heure où quelque 3.500 soldats français sont déployés dans la 
bande sahélo-saharienne dans le cadre du dispositif Barkhane de 
lutte contre les groupes armés djihadistes.  
    "Comme nous avons pu le constater en Côte d'Ivoire dimanche, 
nous n'avons plus affaire à des groupes structurés et équipés de 
pick-ups, mais à du 'terrorisme à l'ancienne' : quelques 
individus cherchent à faire le maximum de victimes", a déclaré 
Jean-Yves Le Drian dans une interview au Figaro à paraître 
mardi. 
    "Nous allons aider les pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, 
Mauritanie, Niger, Tchad) à lutter contre ces nouvelles formes 
de terrorisme à laquelle ils ne sont pas habitués", ajoute le 
ministre de la Défense.  
    La France est intervenue au Mali en janvier 2013 pour 
contenir la progression de groupes djihadistes qui menaçaient de 
prendre la capitale Bamako. Baptisée Serval, l'opération a par 
la suite cédé la place au dispositif régional Barkhane. 
    "Les groupes armés terroristes sont dans un nouveau type de 
fonctionnement qui résulte de l'ampleur des opérations que nous 
avons menées, quelque 150 l'an dernier", a déclaré Jean-Yves Le 
Drian.  
    Les groupes djihadistes prennent désormais pour cible "les 
pays de la coalition anti Aqmi qui sont aujourd'hui dans la 
Minusma (mission de l'Onu au Mali, NDLR) ou autres", note pour 
sa part une source diplomatique.  
    "On a fait Serval, Barkhane; la phase suivante c'est de 
doter ces pays de capacités antiterroristes dignes de ce nom 
qu'ils n'ont pas aujourd'hui", ajoute cette source.      
    Quant à la Côte d'Ivoire, le chef de l'Etat François 
Hollande a annoncé dès dimanche la poursuite et le renforcement 
de la coopération entre les deux pays. 
    "On fera le maximum pour élever le niveau de sécurité, donc 
ça veut dire effectivement coopération en matière de 
renseignement, qui est déjà très étroite et qui sera le cas 
échéant renforcée", dit-on de source diplomatique française. 
 
 (Marine Pennetier, édité par Danielle Rouquié) 
 
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