La France va à nouveau décorer le chef de la DGST marocaine

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RABAT, 14 février (Reuters) - La France va accorder une nouvelle fois la Légion d'honneur au chef des services de renseignement marocains, Abdellatif Hammouchi, soupçonné de faits de torture, a annoncé samedi le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. Il y a un an, la justice française avait voulu interroger Abdellatif Hammouchi, patron de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) du Maroc, à propos d'accusations selon lesquelles il se serait livré à des actes de torture sur des militants marocains lors de leur détention au Maroc. L'affaire avait déclenché une brouille diplomatique entre la France et le Maroc. Le Maroc avait suspendu ses accords de coopération avec la France en signe de protestation. ID:nL6N0LW1H3 Fin janvier, la coopération judiciaire entre les deux pays a été rétablie et, lundi dernier, le président français François Hollande a reçu le roi du Maroc Mohammed VI pour un entretien. ID:nL5N0VJ47W Après les tueries de janvier à Paris contre l'hebdomadaire Charlie Hebdo et un supermarché cacher, la France a d'autant plus besoin des renseignements que peuvent lui fournir le Maroc et les autres pays d'Afrique du Nord concernant les personnes soupçonnées d'attentats et d'actes violents. "La France avait déjà eu l'occasion de distinguer M. Hammouchi en 2011 en lui attribuant le titre de chevalier de l'ordre de la Légion d'honneur. Elle saura prochainement lui témoigner à nouveau son estime en lui remettant cette fois les insignes d'officier de la légion d'honneur", a déclaré aux journalistes Bernard Cazeneuve, pour sa première visite au Maroc depuis le rétablissement de la coopération entre les deux pays. La DGST marocaine a souvent été accusée par les organisations de défense des droits de l'homme, et notamment par Amnesty International, d'actes de torture sur des militants et sur des personnes souçponnées d'attentats, parfois pour le compte de la CIA. L'Europe et l'Afrique du Nord sont les principaux pourvoyeurs de combattants pour l'Etat islamique. Le Maroc en a fourni environ 2.000, la Tunisie 3.000 et la France plus de 1.000. "Nous faisons face aux mêmes défis, celui des filiales terroristes qui entraînent certains de nos ressortissants vers les rangs de Daech en Syrie et en Irak", a déclaré Bernard Cazeneuve, en utilisant l'acronyme arabe de l'Etat islamique (EI). Le ministre marocain de l'Intérieur, Mohamed Hassad, a pour sa part indiqué que la France et le Maroc avaient décidé de "multiplier les contacts" pour lutter contre "le terrorisme et le crime organisé sous toutes ses formes". (Aziz El Yaakoubi; Danielle Rouquié pour le service français)

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