La France sur les traces du commanditaire de Coulibaly-Le Monde

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* Les soupçons se portent sur des djihadistes français * Un mail confirme les liens entre Coulibaly et les Kouachi PARIS, 7 novembre (Reuters) - Les enquêteurs français sont sur la trace d'un commanditaire présumé d'Amedy Coulibaly, auteur du massacre de l'Hyper Cacher de la Porte de Vincennes début janvier, grâce à des échanges de mails et de SMS, a rapporté samedi le quotidien Le Monde. Selon le journal, qui dit avoir consulté des éléments de l'enquête, l'étau se resserre sur un homme basé à l'étranger et ayant une vision d'ensemble des attentats dans lesquels 17 personnes ont péri, de la rédaction de Charlie Hebdo aux portes de Paris, entre le 7 et le 9 janvier. Des fragments de mails et de SMS retrouvés par les enquêteurs laissent penser que ces actes ont été au moins en partie pilotés par cet individu, écrit Le Monde. "Ok, fé ske ta a fair aujourd'hui", lit-on notamment dans un de ces messages, daté du 7 janvier à 14h00, qui laisse entendre qu'il sera rejoint et aidé par des "amis". Plus tôt, le même inconnu avait consulté un message d'Amedy Coulibaly dans lequel celui-ci faisait notamment l'inventaire de son armement : un fusil d'assaut "AK74" avec 275 cartouches, six pistolets Tokarev avec 69 cartouches, trois gilets pare-balle militaires, deux bombes "à gel et à gaz", deux couteaux ... Finalement, Amedy Coulibaly agira seul, un mail du mystérieux donneur d'ordre lui annonçant le 8 janvier à 17h21 : "Pas possible amis, travailler tt seul". Il lui conseille cependant d'essayer de retrouver des "zigotos bien", qui ne seraient autres que les frères Kouachi, les deux auteurs du massacre de Charlie Hebdo, alors en cavale, selon les éléments cités par Le Monde. Le commanditaire présumé lui demande aussi d'expliquer dans une vidéo qu'il a donné des armes à Chérif et Saïd Kouachi des armes "au nom de d" (pour Daech, acronyme arabe de l'organisation Etat islamique). FILIÈRE DES BUTTES-CHAUMONT Amedy Coulibaly s'est effectivement réclamé de l'Etat islamique dans une video posthume, alors que les Kouachi ont revendiqué l'attaque de l'hebdomadaire satirique au nom d'Al- Qaïda dans la Péninsule arabique (Aqpa). Selon Le Monde, les spécialistes de l'antiterrorisme se penchent de nouveau sur la filière dite des "Buttes-Chaumont", des amis condamnés pour avoir été candidats au djihad en Irak au début des années 2000, groupe dont a fait partie Chérif Kouachi. Parmi eux un certain Peter Cherfi, 33 ans, dont le nom revient avec insistance dans l'enquête sur les frères Kouachi et Amedy Coulibaly, précise le journal. Cet ancien délinquant devenu prosélyte religieux, passé par l'Irak en 2004 et la prison américaine d'Abou Ghraïb, aurait fréquenté en 2010 un centre de formation routière situé à moins de 300m de l'imprimerie de Dammartin-en-Goële, en Seine-Saint-Denis, où les Kouachi ont achevé leur cavale meurtrière sous les balles des forces de l'ordre. Il a de nouveau disparu en 2011, pense-t-on au Yémen, mais les enquêteurs ignorent aujourd'hui où il se trouve, écrit encore Le Monde, selon lequel un autre nom revient dans l'instruction : celui de Salim Benghalem. Ce geôlier présumé de quatre journalistes français retenus en otages en Syrie et libérés en 2014 après 10 mois de détention aurait été une des cibles des frappes aériennes françaises en territoire syrien début octobre, selon le journal. Lui aussi a croisé la route d'Amedy Coulibaly, dont la justice a par ailleurs acquis la quasi-conviction qu'il est aussi l'auteur de deux autres actes de violence, écrit également Le Monde : l'attaque à balles réelles d'un joggeur le 7 janvier à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) et l'explosion d'un véhicule utilitaire le 8 à Villejuif (Val-de-Marne). (Emmanuel Jarry)

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