La France souhaite un accord robuste avec l'Iran-Fabius

le
0

(actualisé avec précisions, citations) PARIS, 21 mars (Reuters) - La France souhaite un accord politique sur le nucléaire iranien avant la fin du mois mais à condition que cet accord interdise vraiment l'accès de l'Iran à la bombe atomique, a déclaré samedi Laurent Fabius sur Europe 1. "La France souhaite un accord mais un accord robuste, c'est-à-dire un accord qui garantisse vraiment que l'Iran puisse évidemment avoir accès au nucléaire civil mais à la bombe atomique, non", a dit le ministre des Affaires étrangères. Les négociations de Lausanne sur le programme nucléaire iranien ont été suspendues vendredi et doivent reprendre au milieu de la semaine prochaine. ID:nL6N0WM21O Les six puissances engagées dans la négociation se sont fixées pour objectif d'aboutir à un accord politique sur l'encadrement du programme nucléaire iranien d'ici le 31 mars et à un accord définitif d'ici le 30 juin. Selon des sources proches des négociations, la France pose des conditions plus strictes que ses autres partenaires - Etats-Unis, Allemagne, Grande-Bretagne, Russie et Chine. Paris insiste notamment pour que l'accord porte sur une période d'au moins quinze ans et que ce délai soit suivi de dix années supplémentaires de contrôle intensif par l'Onu des sites nucléaires iraniens, dit-on de même source. La France serait aussi opposée à la suspension relativement rapide, en cas d'accord, de sanctions imposées par l'ONU. Des responsables familiers de ce dossier disent craindre un blocage des négociations en raison de la position française. Laurent Fabius a justifié leur longueur et leur difficulté par la complexité technique et politique des sujets traités, de l'usage de centrifugeuses pour l'enrichissement de l'uranium à la surveillance des sites nucléaires iraniens en passant par le contrôle des sanctions imposées à Téhéran. "À chaque fois, ce que demande la France c'est 'prenons les dispositions pour que vous, les Iraniens, vous puissiez bien sûr développer votre programme civil mais en revanche, tout ce qui vous permettrait d'avoir la bombe atomique, c'est non'", a insisté le chef de la diplomatie française. Il a également justifié la nécessité d'un accord "robuste" par la volonté de prévenir une prolifération nucléaire. "Si on arrivait à un accord pas suffisamment solide, les pays de la région (...) se diraient (...) nous allons nous-même nous doter de l'arme nucléaire et il y aurait une prolifération nucléaire extraordinairement dangereuse", a-t-il expliqué. Parmi les pays potentiellement concernés, il a cité la Turquie, l'Arabie saoudite et l'Egypte et a estimé que ce serait aussi l'intérêt de l'Iran d'empêcher la prolifération nucléaire. Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a rendez-vous samedi à Londres avec Laurent Fabius et ses homologues allemand et britannique pour faire le point. (Emmanuel Jarry, avec John Irish à Lausanne)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant