La France sonde le SPD avant les échéances européennes

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La France sonde le SPD avant les échéances européennes
La France sonde le SPD avant les échéances européennes

PARIS (Reuters) - Le président et le Premier ministre français ont sondé mercredi les dirigeants du Parti social-démocrate allemand (SPD) sur la relance de la croissance et la stabilité financière en Europe, qui seront au coeur des prochaines échéances européennes.

Selon son entourage, François Hollande pourrait détailler par écrit dans les jours à venir la position française sur ces sujets, à l'approche d'un sommet à quatre avec les chefs des gouvernements allemand, italien et espagnol, Angela Merkel, Mario Monti et Mariano Rajoy, le 22 juin à Rome, et du Conseil européen des 28 et 29 juin.

La mise en place d'obligations européennes, pour laquelle le président socialiste français milite, reste une des principales pommes de discorde entre Paris et le gouvernement conservateur allemand, qui refuse à ce stade d'envisager une mutualisation des dettes au sein de la zone euro.

Des mécanismes intermédiaires pouvant constituer un compromis sont à l'étude à Bruxelles et Berlin, comme un "Fonds européen de remboursement des dettes" proposé par le Conseil allemand des experts économiques, un organisme indépendant.

La chancelière allemande, qui a besoin des voix de son opposition pour faire ratifier le pacte budgétaire européen et le Mécanisme européen de stabilité (MES), est engagée dans de dures tractations avec le SPD et les Verts.

A son arrivée à Matignon pour un entretien avec Jean-Marc Ayrault, le président du SPD, Sigmar Gabriel, accompagné par le président du groupe SPD au Bundestag, Frank-Walter Steinmeier, et l'ancien ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück, a cependant nié tout idée de front anti-Merkel avec les dirigeants socialistes français.

"On n'est pas ici pour organiser une politique des partis, on est là pour l'intérêt de l'Europe", a-t-il dit en allemand.

"Nous voulons parler avec nos amis français des moyens de renforcer la croissance et l'emploi en Europe et de financer cette croissance tout en réduisant les dettes", a-t-il expliqué. "C'est une initiative des sociaux-démocrates et des socialistes européens pour que l'Europe ait plus de croissance."

FINANCEMENT COMMUN

Dans un communiqué, les services du Premier ministre français ont aussi déclaré que cette rencontre s'inscrivait dans le cadre de contacts réguliers avec les dirigeants sociaux-démocrates européens.

"Elle a montré une grande convergence de vues sur la nécessité d'une approche équilibrée entre stabilité et croissance, entre responsabilité et solidarité, ainsi que sur l'importance d'une croissance riche en emplois et juste socialement", lit-on dans ce document.

Matignon fait aussi état d'une "vision commune" avec le SPD sur "la stabilité budgétaire, les mesures de soutien à la croissance, l'introduction d'une taxe sur les transactions financières et l'instauration d'un mécanisme assurant la stabilité financière."

Selon Peer Steinbrück, les dirigeants du SPD ont évoqué avec Jean-Marc Ayrault l'idée du Fonds européen de remboursement des dettes - "Ça pourrait être une solution mais ce n'est pas sûr" - mais cela n'a pas été le principal point de la discussion.

"Je pense que nous avons besoin d'une financement commun pour des projets européens et des mesures de stimulation de l'économie", a ajouté l'ancien ministre des Finances.

Sigmar Gabriel a pour sa part déclaré qu'il n'y avait aucun désaccord majeur avec Jean-Marc Ayrault.

"Le plus important est d'avoir un instrument durable pour financer la croissance et le développement économique en Europe. C'est pourquoi nous avons besoin d'une taxe sur les transactions financières, d'utiliser les fonds européens et d'accroître le capital de la Banque européenne d'investissement."

"Mais au bout du compte, il est également nécessaire de réguler le secteur financier et là réside la plus grande divergence entre le gouvernement allemand et nous, de même (qu'entre Berlin) et le gouvernement français", a-t-il ajouté.

Les trois dirigeants du SPD ont ensuite été reçus en fin d'après-midi par François Hollande à l'Elysée.

Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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