La France séduit les adeptes du tourisme religieux

le
0
Chaque année, le week-end de Pâques attire des visiteurs des quatre coins du monde dans les villes-sanctuaires françaises. Près de 51 millions de touristes fréquentent, chaque année, ces sites religieux.

La France est déjà la «chouchoute» des touristes étrangers, avec 77 millions de visiteurs internationaux en 2010, selon l'Organisation mondiale du Tourisme (OMT). Et pour le rester, elle peut compter sur ses quelque 50.000 édifices religieux (monastères, abbayes, cathédrales, églises, synagogues, mosquées, etc....) qui attirent de plus en plus de touristes, en particulier lors des fêtes comme Pâques ou la Toussaint. Mais pas seulement. «Il y a indéniablement une tendance profonde en faveur du tourisme spirituel», constate Géraldine Ballot, présidente de l'association Villes-Sanctuaires en France, qui regroupe 15 sites de pèlerinages dont Lourdes, le Mont Saint-Michel, Chartres, Lisieux ou Vézelay (Yonne). La progression de la fréquentation de ces sanctuaires est stable depuis quelques années, de l'ordre de 5 à 10% par an selon les sites.

Le sanctuaire de Lourdes.
Le sanctuaire de Lourdes. Crédits photo : Richard VIALERON/Le Figaro

«Le contexte géopolitique au Moyen-Orient, notamment en Israël, pèse sur la demande en voyage en Terre Sainte, au profit des destinations européennes», observe-t-on à l'agence de voyage Route des Hommes à Paris, spécialisée dans l'organisation de séjours spirituels. Longtemps considéré comme une niche, le tourisme religieux est un marché en pleine expansion. A l'échelle mondiale, ce secteur pèse 18 milliards de dollars (près de 14 milliards d'euros), en incluant les déplacements, l'hébergement et les activités qui y sont rattachées, et brasse 300 millions de voyageurs dans le monde, selon les derniers chiffres de la World Religious Travel Association (WRTA) qui datent de 2007. En France, près de 51 millions de touristes fréquentent chaque année les sites religieux et de pèlerinage, selon Atout France, l'agence française de développement touristique. Dont près de 20 millions pour les seuls visiteurs venus de l'étranger!

La cathédrale de Chartres.
La cathédrale de Chartres. Crédits photo : Alain AUBERT/Le Figaro

En tête, les Allemands représentaient 17% de ces touristes en 2011, devant les Britanniques (15%). «Mais le visage du 'touriste spirituel' se renouvelle, avec l'arrivée en force de visiteurs de nationalités émergentes, en provenance de la Russie, de la Chine de l'Inde ou du Brésil», se réjouit la présidente de Villes-Sanctuaires en France. Ces derniers sont particulièrement friands du sanctuaire de Lourdes, qui accueille plus de 7 millions de visiteurs étrangers par an, et l'abbaye du Mont-Saint-Michel qui en reçoit plus de 3,5 millions. A Paris, la cathédrale Notre-Dame et le Sacré-C½ur de Montmartre ne sont pas en reste. Ces sites sont visités respectivement par 13 millions et 10,5 millions de personne chaque année. A noter également la belle performance de la cathédrale de Chartres, dont 1,5 million de visiteurs foulent les pavés annuellement, tandis que Rocamadour accueille le même nombre de pèlerins.

Le Sacré-Coeur de Montmartre, à Paris.
Le Sacré-Coeur de Montmartre, à Paris. Crédits photo : François BOUCHON/Le Figaro

Des «vieilles pierres» au fort potentiel

Un engouement qui dépasse de loin la pratique religieuse. «La part des visiteurs 'non croyants' s'est considérablement développée. Ces derniers sont amateurs de lieux d'histoire, éloignés de la société de consommation quotidienne et propices aux rencontres et aux échanges», explique Géraldine Ballot. «Le pèlerinage est l'une des facettes d'un phénomène qui a émergé ces dernières années: le besoin d'itinérance», ajoute-t-on chez Atout France. Un phénomène qui ne profite pas seulement aux sanctuaires. Près d'un demi-million de séjours en pèlerinage sont organisés chaque année, d'une durée moyenne de 5,1 nuitées. Ce qui représente plus de 2,5 millions de nuitées, réservées à 85% dans des hébergements marchands. «Le tourisme religieux est un marché à fort potentiel économique, qui bénéficie à l'ensemble de nos régions, et il faut donc encourager les porteurs de projets, publics ou privés, qui s'intéressent à cette filière», souligne Atout France, en balayant l' «idée reçue» selon laquelle «les 'vieilles pierres' coûtent plus qu'elles ne rapportent».

LIRE AUSSI:

» Le printemps arabe pèse encore sur le tourisme

» Tourisme: la Grèce tente de redorer son blason

» Les touristes chinois flambent en shopping

» Des hôtels dans les monuments historiques

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant