La France se heurte aux islamistes dans l'Ouest du Mali

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LA FRANCE SE HEURTE AUX ISLAMISTES DANS L'OUEST DU MALI
LA FRANCE SE HEURTE AUX ISLAMISTES DANS L'OUEST DU MALI

BAMAKO/PARIS (Reuters) - La France a poursuivi lundi son intervention militaire au Mali contre les rebelles islamistes, qui ont pris à l'armée malienne une petite commune du centre-ouest du pays, Diabaly.

Au quatrième jour de l'opération Serval, annoncée vendredi par le président François Hollande, les forces françaises et l'armée malienne sont confrontées à "un point difficile" dans l'Ouest, a dit le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

L'armée française tente depuis trois jours de stopper la progression des islamistes vers la capitale, Bamako, en bombardant leurs positions dans le Nord.

"La situation (...) évolue favorablement", a toutefois déclaré Jean-Yves Le Drian lors d'une déclaration dans la cour de l'Elysée, à l'issue d'une réunion interministérielle sur la situation au Mali sous la présidence de François Hollande.

"Dans l'est du Mali, l'initiative des groupes terroristes a été bloquée, la ville de Konna a été abandonnée, et les groupes terroristes ont effectué un repli vers Douentza", a-t-il précisé.

"Sur Gao, il y a eu hier un certain nombre de tirs ciblés sur la base arrière du groupe Mujao qui a donné des résultats extrêmement tangibles et qui a abouti à une dispersion de ce groupe terroriste vers l'Est et au Sud", a ajouté le ministre.

"Il reste un point difficile à l'Ouest, où nous avons à faire à des groupes extrêmement armés", a-t-il toutefois précisé.

Le ministre a confirmé par la suite sur BFM TV la prise par les islamistes de Diabaly, à environ 400 km au nord de Bamako, où des combats avaient été signalés lundi matin par des sources militaires maliennes et des habitants.

"LES PORTES DE L'ENFER"

"On savait que le noeud, l'essentiel allait se passer vers l'Ouest. C'est vers l'Ouest que nous avons bombardé cette nuit et c'est vers l'Ouest aujourd'hui que se passent les combats les plus importants", a-t-il expliqué.

"Les forces des groupes terroristes sont exactement celles qu'on prévoyait. Ils sont lourdement armés. Ils sont très déterminés, ils sont très organisés. On le savait", a affirmé le ministre de la Défense.

Les rebelles du Mujao, le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), paraissent déterminés.

Omar Ould Hamaha, porte-parole du mouvement surnommé le "barbu rouge", a déclaré lundi sur Europe 1 que la France venait d'ouvrir "les portes de l'enfer".

"Les Mirage ont bombardé Gao. Ils étaient à 13.000 mètres d'altitude. Qu'ils descendent sur le terrain si c'est des hommes ! On les reçoit à bras ouverts", a-t-il dit par téléphone.

"La France a ouvert, pour tous les Français, les portes de l'enfer. Elle est tombée dans un piège beaucoup plus dangereux que l'Irak, l'Afghanistan ou la Somalie. Et ça n'est que le commencement!", a-t-il ajouté.

Le plan Vigipirate de protection des lieux publics et des infrastructures de transport a été renforcé en France.

"MUJAO TRÈS LARGEMENT TOUCHÉ"

"Ce n'est pas en cédant aux terroristes que l'on diminue la menace qui, je le rappelle, n'est pas nouvelle. Comme d'autres pays, la France est régulièrement ciblée par des groupes qui se réclament du djihadisme global", dit le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, dans Le Parisien-Aujourd'hui en France.

Pour Jean-Yves Le Drian, "il est normal" que le groupe Mujao, "très largement touché par les interventions d'hier après-midi (...) réagisse, comme d'habitude, par du chantage sur les populations".

Selon un sondage Ifop pour La Lettre de l'opinion réalisé du 12 au 13 janvier et diffusé lundi, 63% des Français se disent favorables à l'opération au Mali, contre 37% qui y sont hostiles.

Les familles des huit otages détenus au Sahel craignent en outre pour leur vie, après l'échec sanglant d'une opération de libération d'un otage français au Somalie.

L'Otan a apporté lundi son soutien à l'opération française au Mali, précisant ne pas avoir reçu de demande d'aide. L'Union européenne, qui doit envoyer prochainement au Mali des formateurs pour l'armée nationale, a précisé pour sa part qu'elle n'aurait aucun rôle dans l'intervention en cours.

Les Etats-Unis apportent un soutien logistique à l'armée française, dans le domaine des transports et des communications mais aussi dans le secteur du renseignement, a dit un responsable américain sous le sceau de l'anonymat.

L'armée française a renforcé sa présence à Bamako dans l'attente du déploiement prochain d'une force militaire ouest-africaine.

Adama Diarra et Tiemoko Diallo à Bamako, Yann Le Guernigou et Sophie Louet à Paris, édité par Gilles Trequesser

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