La France s'attend à des discussions difficiles au G20

le
0
    * Premier G20 pour Macron un mois après le G7 
    * Crispations autour du climat et du commerce 
    * Consensus attendu sur la lutte contre le terrorisme 
 
    par Marine Pennetier 
    PARIS, 4 juillet (Reuters) - Un mois après le G7 qui a mis 
en lumière les désaccords entre Washington et ses partenaires, 
la France s'attend à de difficiles discussions au G20 de 
Hambourg sur le climat et le commerce, deux sujets de 
crispations avec les Etats-Unis qui font peser une incertitude 
sur la conclusion d'un accord. 
    Seule la question de la lutte contre le financement du 
terrorisme devrait faire l'objet d'un relatif consensus entre 
les chefs d'Etat et de gouvernements des vingt pays les plus 
riches de la planète réunis vendredi et samedi dans le nord de 
l'Allemagne et pourrait donner lieu à un texte distinct.  
    "Sur le commerce et sur le climat, on s'attend à des 
tractations difficiles, ça risque de durer assez tard", souligne 
un haut diplomate français. "Le sujet climat énergie est le 
moins consensuel, on ne sait pas comment ça va se terminer". 
    Face à un sommet qui s'annonce comme l'un des plus 
conflictuels de ces dernières années, les pays de l'Union 
européenne se sont retrouvés à Berlin jeudi dernier afin de 
fixer leurs objectifs et d'unifier leurs positions. 
    "Sur le climat, nous réaffirmerons clairement notre 
engagement très fort pour les accords de Paris et notre volonté 
d'aller de l'avant, avec pour moi l'espoir, en tout cas, que les 
uns et les autres soient ramenés à la raison et puissent nous 
suivre", a déclaré Emmanuel Macron.  
    Bien qu'attendue, l'annonce par Donald Trump le 1er juin 
dernier de la sortie des Etats-Unis de l'accord de Paris conclu 
fin 2015 a provoqué une onde de choc et soulevé une série de 
questions sur l'avenir des engagements pris.   
 
    SURCAPACITÉ  
    "Nous n'avons pas vraiment encore vu de déclinaison de cette 
déclaration mais personne ne s'attend à ce que le président 
Trump change de ligne à Hambourg", souligne-t-on à l'Elysée.  
    "On ne sait pas non plus comment la présidence allemande 
pourra traiter le sujet, comment elle pourra prendre en compte 
cette décision de retrait de l'accord de Paris tout en 
travaillant sur un texte de communiqué final".  
    Autre source de désaccords, la question du commerce 
international et du protectionnisme, qui avait déjà fait l'objet 
de vives discussions lors du sommet du G7 de Taormina fin mai. 
    Après deux jours d'échanges, les sept pays étaient 
finalement parvenus à une déclaration commune dans laquelle ils 
se sont engagés à lutter contre le protectionnisme, mais aussi 
contre toutes les "mauvaises pratiques commerciales". 
    Les discussions devraient se poursuivre à Hambourg sur 
l'épineuse question des surcapacités de production d'acier, 
notamment par la Chine, qui suscitent depuis plusieurs années 
une vive inquiétude, ravivée récemment par la volonté américaine 
de limiter les importations d'acier ou d'aluminium pour des 
raisons de sécurité intérieure.  
    "C'est un sujet qu'on suit de très près, au niveau français 
mais surtout au niveau européen, on n'a pas exactement le 
calendrier ni même l'éventuel contenu de la décision 
américaine", souligne-t-on à Paris. 
     "Si des mesures devaient toucher des exportations 
européennes nous serions évidemment amenés à réagir très 
rapidement et nous nous y préparons", ajoute-t-on. "Notre 
objectif, ce n'est pas de créer une tension mais nous combattons 
à la fois le protectionnisme et le (...) dumping". 
     
    RENFORCEMENT DU GAFI  
    Les discussions devraient être en revanche plus fluides sur 
la question de la lutte contre le financement du terrorisme.    
    La France, qui a beaucoup poussé ces dernières années pour 
que la question soit abordée lors du G20, devrait une nouvelle 
fois insister sur la nécessité de renforcer le groupe d'action 
financière (Gafi), chargé de lutter contre le blanchiment 
d'argent et le financement du terrorisme.  
     Une source de satisfaction "serait une évolution vers un 
statut juridique" pour cet organe, dit-on à Paris.  
    Un an après l'affaire des "Panama Papers", le G20, qui avait 
prévu de publier à Hambourg une liste noire des paradis fiscaux 
non coopératifs, n'en fera finalement rien.  
    "Sous la pression mise l'an dernier sur ce sujet, il 
apparaît qu'un certain nombre de pays qui auraient pu figurer 
sur la liste ont tenu les engagements supplémentaires", à 
l'exception de Trinité-et-Tobago, explique-t-on à Paris.  
    Les 20 pays pourraient en revanche se mettre d'accord sur 
une deuxième étape, celle de la vérification de la mise en 
oeuvre effective des engagements pris.  
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant