La France repousse sa conférence sur le Proche-Orient à juin

le , mis à jour à 15:43
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 (Actualisé avec précision sur la date, déclarations Sissi) 
    PARIS, 17 mai (Reuters) - François Hollande a exprimé mardi 
la détermination de la France à organiser une conférence 
internationale pour relancer les négociations entre les 
Palestiniens et Israël tout en acceptant d'en repousser la date 
prévue le 30 mai afin de s'assurer d'une participation des 
Etats-Unis. 
    Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a réitéré 
dimanche son opposition à cette initiative, lors d'une visite à 
Jérusalem du chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault. 
  
    Cette conférence ministérielle doit réunir les représentants 
du Quartet sur le Proche-Orient (Etats-Unis, Russie, Union 
européenne, Nations unies), la Ligue arabe, le Conseil de 
sécurité des Nations unies et une vingtaine de pays. 
    Mais le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a fait 
savoir qu'il ne pourrait pas être présent le 30 mai. 
    "John Kerry ne peut pas venir le 30 mai. Elle est retardée", 
a déclaré le chef de l'Etat français au micro d'Europe 1. 
    Une source diplomatique française a précisé en milieu de 
journée que cette conférence pourrait se tenir aux alentours du 
6 juin avant le début du ramadan. Les Etats-Unis ont fait des 
propositions constructives, a précisé cette source sans fournir 
de détails. 
    Cette conférence "est nécessaire (...) parce que s'il ne se 
passe rien, si la France ne prend pas une initiative forte, 
qu'est-ce qu'il va se passer ? La colonisation, les attaques, 
les attaques terroristes, un certain nombre de conflits qui vont 
se poursuivre ?" a expliqué le chef de l'Etat. 
    François Hollande a réaffirmé qu'il fallait arriver à faire 
en sorte que Palestiniens et Israéliens se parlent directement. 
    "Comme ils ne le veulent pas, nous allons créer avec 
l'ensemble des acteurs, les grands pays et les pays voisins, les 
paramètres qui permettront qu'Israéliens et Palestiniens se 
retrouvent à la table de négociation", a-t-il dit. 
     
    APPEL DE L'EGYPTE 
    Le chef de l'Etat français a par ailleurs regretté le vote 
en avril à l'Unesco, à l'initiative de pays arabes et avec la 
voix de la France, d'une résolution sur la sauvegarde du 
"patrimoine culturel palestinien et (du) caractère distinctif de 
Jérusalem", qui a provoqué une vive polémique. 
    "Il y a eu un amendement fâcheux des Jordaniens (...) qui a 
brouillé ce texte", a déclaré François Hollande.  
    "Je prends l'engagement, puisqu'il y aura une nouvelle 
résolution au mois d'octobre, (d'être) extrêmement vigilant", 
a-t-il ajouté. "Je la regarderai personnellement (...) Il n'est 
pas possible que les lieux saints puissent être mis en cause ou 
en doute quant à l'appartenance aux trois religions". 
    Dans ce contexte, le président égyptien Abdel Fattah al 
Sissi a promis une amélioration des relations entre son pays et 
Israël si l'Etat hébreu accepte de revenir à la table des 
négociations avec les Palestiniens. 
    "Si nous parvenons à résoudre le problème de nos frères 
palestiniens, nous parviendrons à une paix plus solide", a 
déclaré le chef de l'Etat égyptien lors d'un discours impromptu 
pendant une conférence à Assiout dans le sud du pays. 
    "Je demande au gouvernement israélien d'autoriser une ou 
deux fois la diffusion de cette déclaration en israélien car il 
s'agit d'une véritable opportunité", a-t-il ajouté. 
    Sissi a précisé que l'Egypte était prête à jouer un rôle de 
médiateur pour parvenir à une réconciliation entre les factions 
rivales palestiniennes. 
 
 (Emmanuel Jarry et Pierre Sérisier avec Lin Noueihed au Caire, 
édité par Yves Clarisse) 
 
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