La France répond à la Russie à propos des bombardements en Syrie

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par John Irish et Vladimir Soldatkin PARIS/MOSCOU, 20 novembre (Reuters) - La France a réagi vendredi aux accusations de la Russie, qui lui reproche de frapper illégalement des installations pétrolières en Syrie sans le feu vert de Damas, en affirmant que ces frappes étaient la riposte adéquate dans la lutte contre l'Etat islamique. Le président français François Hollande se rendra à Moscou jeudi prochain pour promouvoir son projet de grande coalition contre l'EI, malgré ses divergences de vue avec son homologue russe Vladimir Poutine sur le sort du président syrien Bachar Assad. Après les attentats de Paris et Saint-Denis qui ont fait 130 morts vendredi dernier, la France a pilonné à plusieurs reprises Rakka, la "capitale" de l'EI en Syrie. Les frappes françaises contre les installations pétrolières avaient eu lieu auparavant. Paris a expliqué qu'il s'agissait de priver l'EI de sa principale source de financement et qu'il s'agissait d'une action d'autodéfense selon l'article 51 de la charte des Nations unies. Cette justification a été critiquée par Ilia Rogatchev, un responsable du ministère russe des Affaires étrangères, qui l'a jugée illégitime dans la mesure où le gouvernement français n'avait pas demandé l'autorisation officielle du gouvernement syrien. "Nous ne pouvons soutenir ce genre d'actions parce qu'elles sont menées sans l'accord du gouvernement syrien", a-t-il déclaré au quotidien Kommersant de vendredi. LÉGITIME DÉFENSE "Le bombardement des infrastructures pétrolières est fondé sur (...) des raisons tout à fait différentes et elles ne sont pas justifiées par de la légitime défense", a-t-il ajouté. "Comme l'Etat islamique et Bachar al Assad sont des ennemis d'aussi grande importance (pour la France), elle inflige des dégâts aux deux par ce genre de frappes. Vous noterez d'ailleurs que les Français ne bombardent pas les mêmes objectifs en Irak." La France et ses alliés demandent la démission de Bachar al Assad et ont plusieurs fois critiqué Moscou pour avoir frappé des rebelles syriens financés par l'Occident. La Russie a intensifié ses frappes contre l'EI ces derniers jours après avoir établi que la destruction en vol d'un avion de ligne russe le 31 octobre au-dessus du Sinaï était due à une bombe placée sur les ordres de l'organisation fondamentaliste sunnite. "Les frappes françaises contre des sites pétroliers contrôlés par Daech en Syrie s'inscrivent dans l'exercice du droit de légitime défense", a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay, Romain Nadal, lors d'un point de presse. "Elles constituent la riposte nécessaire et proportionnée aux attaques perpétrées par Daech", a-t-il ajouté. La Russie a à nouveau fait état vendredi d'importantes frappes aériennes en Syrie qui ont tué plus de 600 rebelles et annoncé son intention de poursuivre son offensive, mais son président Vladimir Poutine a fait savoir qu'une intervention au sol n'était pas au programme. ID:nL8N13F3GP Mercredi, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré que si l'Occident voulait une coalition internationale contre l'EI, il devait cesser d'exiger le départ de Bachar al Assad. (Danielle Rouquié pour le service français)

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