La France réforme ses retraites mais ne va pas assez loin-OCDE

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    PARIS, 30 novembre (Reuters) - La France a fait des efforts 
très nets pour améliorer la situation de ses systèmes de 
retraite mais leur équilibre de long terme repose sur des 
prévisions trop optimistes et de nouvelles mesures seront 
nécessaires, estime l'OCDE. 
    Dans son Panorama sur les pensions publié mardi, 
l'organisation souligne également la complexité du système 
français qui le rend peu lisible pour les assurés ainsi que son 
atomisation entre privé, public et régimes spéciaux. 
    Elle juge nécessaire d'accélérer leur convergence pour en 
améliorer la transparence et faciliter la gestion globale. 
    Pour l'OCDE, les réformes menées ces vingt dernières années 
en France, qui ont culminé avec le relèvement à 62 ans de l'âge 
de départ en retraite en 2011, ont amélioré la situation 
financière du système. 
    Mais à 14,4% du produit intérieur brut, contre une moyenne 
de 10,3% dans la zone OCDE, les dépenses publiques de retraite 
restent élevées dans l'Hexagone. 
    Si les taux d'emploi après 50 ans ont fortement augmenté du 
fait des réformes engagées, la France est aujourd'hui le pays de 
l'OCDE où les hommes et les femmes ont la plus longue période à 
la retraite, environ cinq ans de plus que la moyenne. 
     Et elle est un des quatre pays où, dans la législation 
actuelle, l'âge légal de la retraite sera inférieur à 64 ans à 
l'horizon du milieu des années 2050. 
    "La France réforme ses retraites, à la limite presque trop, 
car elle ne va jamais assez loin", estime Hervé Boulhol, 
économiste à l'OCDE. 
    Pour lui, les projections du Conseil d'orientation des 
retraites, qui alimentent les réformes en France, reposent sur 
des hypothèses trop optimistes ce qui nécessitera à terme 
d'autres mesures. 
    Il souligne aussi que les réformes passées ont abouti à 
baisse assez importante du taux de remplacement des salaires par 
les pensions, ce qui fait que la France dispose de moins de 
marge de manœuvre sur ce levier pour améliorer les comptes du 
système, ce qui devrait la pousser à agir sur l'âge de départ. 
    L'économiste juge encore que le nouvel accord intervenu 
cette année sur les retraites complémentaires, s'il va dans le 
bon sens, accroît encore la complexité du système en fixant un 
nouveau seuil, 63 ans, pour toucher une pension à taux plein là 
où il reste à 62 ans, voire moins, dans les autres systèmes. 
    "La complexité globale donne l'impression que d'autres 
groupes bénéficient peut-être de conditions avantageuses et 
entraîne des pertes d'efficience, notamment en restreignant la 
mobilité de la main-d'oeuvre en raison de règles de portabilité 
compliquées", conclut l'OCDE, pour qui "retarder l'âge effectif 
de départ en retraite et passer à un système universel" doivent 
être les priorités de l'action publique.  
     
    Voir aussi : L'OCDE inquiète de la viabilité sociale des 
systèmes de retraite   
     
    La note de l'OCDE sur les systèmes de retraite français : http://www.oecd.org/fr/france/PAG2015_France.pdf 
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse) 
 
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